• Jean-François Bélanger

La montagne française (trop) dépendante du ski alpin


15/03/2021 - En annonçant une chute moyenne de 47,8% des taux d’occupation sur l’ensemble des massifs français, pour les dernières vacances d’hiver, l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne (ANMSM) constate, grâce au Covid, la fragilité d’un modèle économique, basé essentiellement sur la pratique du ski alpin.


Avec la fermeture des remontées mécaniques, nul ne se faisait d’illusion sur la situation actuelle des stations de sports d’hiver. Malgré des improvisations opportunes en matière de multi-activités, déclenchées sur l’ensemble des massifs, le constat est sans appel.


La fréquentation a plongé, avec un taux d’occupation de 33% pour ces dernières vacances, pourtant les plus demandées du calendrier. Ce qui fait que, sur l’ensemble de la saison d’hiver, l’ANMSM table désormais sur un taux d’occupation prévisionnel de 22,5%, en baisse de 43,3% par rapport à la dernière saison d’hiver.


Pourtant, ski de randonnée, ski nordique, raquettes, parapente, promenades à chiens… ont connu de bien belles journées. Mais cela n’a pas compensé la tendance de fond : le ski alpin reste bien le carburant essentiel de la montagne française en hiver.


Exemple à Val Thorens, qui s’est lancée vers des pratiques inhabituelles : balades en dameuse, VTT électrique, apnée sous glace, escalade de cascade de glace…


Malgré aussi des chocolats chauds et des cours de snowboards qui ont connu une affluence qualifiée « hors normes », cette station, classée plusieurs fois de suite « plus belle station du monde », n’a enregistré qu’une fréquentation à hauteur de 25% de ses 25 000 lits dans ce pic de saison !


Sans surprise, en Savoie-Mont Blanc, première destination mondiale de sports d’hiver, les structures professionnelles accusent le coup : les résidences de tourisme (-57%), l’hôtellerie (-62%), les villages-vacances (-81%)…


L’environnement est le vecteur d’avenir


Pourtant l’avenir reste porteur pour la montagne. L’ANMSM note que, pour 94% des Français, la montagne compte parmi les plus belles richesses de notre patrimoine, avec l’air pur pour 50%, les grands espaces pour 49%...


Des qualités sur lesquelles il faudra capitaliser dans l’avenir. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de monter très haut pour en profiter.


Ainsi sur ces dernières vacances, ce sont les stations de moyenne altitude, jusqu’à 1 250 mètres qui ont le plus résisté avec des baisses plus modestes (-39%), par rapport celles de moyenne altitude, jusqu’à 1 650 mètres, (-43%) et celles de haute altitude (-58%).


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