• Jean-François Bélanger

Les Alpes sur une mauvaise pente



11/01/2021 - La non déclaration de Jean Castex sur l’ouverture de la saison d’hiver, le jeudi 7 janvier 2021, a enfoncé encore un peu plus le moral des professionnels du tourisme de la montagne. Après l’arrêt prématuré de la dernière saison, c’est la non-ouverture de l’actuelle qui accentue encore davantage le désastre économique.


Les différentes injonctions des représentants du milieu touristique n’ont pas influé sur les mesures de restrictions qui persistent « sine die » suite à l’évolution jugée non satisfaisante de la situation sanitaire.


Les déficits vont donc continuer à se creuser. Au 10 janvier, Savoie Mont-Blanc, qui réunit 112 stations de sports d’hiver, évaluait déjà à 1,7 Md€ le cumul des pertes financières de la saison.


Les vacances de Noël ont enregistré une baisse de 80% de la fréquentation et le mois de janvier affiche des taux d’occupation de 27% en moyenne. Reste cependant à attendre les vacances de février, qui représentent 35% de la saison hivernale.


Compte tenu des restrictions concernant les voyages internationaux et sous réserve de la communication d’une date, le 13 janvier, il faut s’attendre d’ores et déjà à une très faible fréquentation étrangère. Si bien que certains redoutent déjà la possibilité d’une saison blanche.


Dans ce cas, les déficits culmineraient à 5,8 Mds€ ! Un choc pour la première destination touristique hors Paris, en terme d’emplois touristiques (59 000) et d’investissements (945 M€ HT) qui s’engageait pourtant vers une diversification qui pourrait bien s’accélérer sous les effets de cette crise.


Une filière menacée d’effondrement


En Isère par exemple, le ski nordique, c’est 1,5 M€ de chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires des remontés mécaniques, c’est 128 M€ ! Ce sont donc bien les remontées mécaniques qui sont le moteur de l’activité.


Rien que pour l’année 2020, les pertes liées à la crise sont estimées à 750 M€ dans le Département. La survie de certaines stations est en jeu. C’est dire aussi que la montagne a besoin d’une diversification profonde de son offre.


Cette crise sanitaire le met en lumière, et l’enjeu est essentiel pour ces territoires. Les départements de Savoie, Haute Savoie et Isère représentent à eux trois plus de la moitié de la richesse touristique d’Auvergne-Rhône-Alpes, première Région européenne de montagne.


Par exemple, pour la Haute-Savoie, la contribution au PIB de l’économie touristique est de 30%. Son poids atteint même 50% en Savoie. C’est un pan important de l’économie régionale qui est menacée d’écroulement : le tourisme et, au-delà, la filière agro-alimentaire, par exemple.


En attendant de prochaines annonces, les professionnels du tourisme en seront donc réduits à espérer les diverses aides que le gouvernement a promis d’étendre, sinon d’améliorer, tant que durera cette situation.

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