• Jean-François Bélanger

La reprise du transport aérien toujours reculée


03/05/2021 - Les compagnies aériennes mondiales, auxquelles l'épidémie de Covid-19 a déjà occasionné des pertes nettes cumulées de plus de 126 Mds$ en 2020, devraient encore voir leurs comptes rester dans le rouge de 47,7 milliards cette année, vient d’indiquer l'Association internationale du Transport Aérien (IATA).


De son côté, Airports Council International (ACI) révise à la baisse ses perspectives de trafic de passagers pour l’Europe, en 2021.


Ainsi, les estimations de trafic de passagers européens annoncées en octobre 2020, puis en janvier 2021 et enfin en cette fin avril, par Airports Council Inrernational (ACI), sont à chaque fois revues à la baisse, passant respectivement d’une diminution de 48 %, à une diminution de 52% et finalement de 64% du trafic passagers pour l’année 2021 en Europe, par rapport à 2019.


Selon son scenario, le trafic devrait rester à de faibles niveaux au deuxième trimestre mais devrait commencer à se redresser à partir du troisième, s’améliorant encore au quatrième, mais avec des déplacements intercontinentaux largement limités.


Le rythme des vaccinations et les adaptations des restrictions sanitaires ou réglementaires vont être le juge de paix du secteur. Et elles vont continuer à affecter sensiblement et durablement le trafic aérien mondial.


Un choc sans précédent, note ACI, qui voit le trafic de passagers revenir en dessous de son niveau enregistré en 1995, et alors que les infrastructures aéroportuaires restent dimensionnées aux trafics de 2019.


Retour à la normale en 2025 ?


Toujours selon ses prévisions, ACI trace les perspectives du trafic aérien de passagers pour les années futures, en Europe, toujours par rapport à 2019 : - 64% pour cette année, - 36% pour l’année prochaine, -15% pour 2023, - 5% pour 2024 et un retour au niveau de 2019 en 2025.


Une autre hypothèse « optimiste » prévoit à cette échéance un gain de 5% du nombre de passagers, mais une autre « pessimiste », fait encore état d’un retrait de 10%, toujours par rapport à 2019.


De son côté, IATA a néanmoins révisé légèrement à la hausse ses prévisions du trafic mondial de passagers, à 43% du niveau de 2019, contre une fourchette de 33 à 38% évoquée en février dernier.


Mais le rythme de la reprise est plus lent que nos prévisions en décembre, reconnait l’institution. Elle considère en outre que les marchés intérieurs allaient s'améliorer plus vite que les voyages internationaux, davantage dépendants des fermetures de frontières et quarantaines et que la reprise sera très inégale selon les zones géographiques.


L'Europe à la traîne


Ainsi, en Amérique du Nord, IATA s’attend à une reprise du trafic de passagers dans la foulée d'une campagne de vaccination dynamique aux États-Unis.


Globalement, la reprise dépendra de la taille des marchés intérieurs, et l'Europe risque d'être à la traîne car son activité aérienne dépend beaucoup des liaisons internationales, a prévenu IATA qui rejoint les perspectives d’ACI Europe, alors que les marchés intérieurs américains et chinois auront retrouvé fin 2021 leur activité d'avant la crise sanitaire.


Ce pessimisme pour le vieux continent a été nourri par le bilan du premier trimestre 2021 où le trafic de passagers dans les aéroports européens a dégringolé de 81,7% par rapport à la même période il y a deux ans.


Dans le monde, 2,4 milliards de passagers prendront l'avion en 2021, selon l'Iata, contre 1,8 milliard en 2020. En 2019, il y en avait eu 4,5 milliards !

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