• Jean-François Bélanger

L’aérien français se tire-t-il une balle dans l’aile ?


18/01/2021 - Alors que le transport aérien de passagers a enregistré une baisse moyenne de 70% du nombre de passagers l’année dernière par rapport à 2019, Aéroports de Paris (ADP) vient d’obtenir, comme l’année dernière, une hausse de ses tarifs. Une hausse qui scandalise le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (Scara).


Alors que la plupart des compagnies se battent pour leur survie, en faisant appel le plus souvent à l’argent public pour des recapitalisations, voire des nationalisations, l’autorité de Régulation des Transports (ART) vient de valider la hausse moyenne de 2,5% des tarifs des redevances aéroportuaires pour les plateformes parisiennes de Roissy, Orly et du Bourget, comme demandé par ADP.


Elles s’appliqueront à partir du 1er avril prochain. Dans le même temps, le Scara révèle aussi que deux autres sociétés aéroportuaires, celles de Lyon et de Marseille, demandaient elles aussi des hausses, respectivement de 9% et de 8,2%. L’Art s’y est opposé.


Le transport aérien est donc attaqué de toutes parts. D’abord, comme tout le monde, par le coronavirus, mais également de l’intérieur.


Le gouvernement français a demandé aux compagnies de cesser leurs relations intérieures lorsque celles-ci sont susceptibles d’être réalisées par le mode ferroviaire en moins de 2 h 30.


La convention citoyenne ne manque pas une occasion de demander à la ministre de la Transition Ecologique d’accélérer la mise en place de la taxe carbone… Avec, en parallèle, l’obligation pour les compagnies de diminuer sensiblement leurs émissions carbones et donc d’augmenter leurs investissements.


En 15 ans, ADP a augmenté ses tarifs de 48,1%, contre une inflation de 21,6% sur la période. Et le prix des billets d’avions a baissé de 10 à 15%. Ce qui fait que la rentabilité des compagnies se situent (en période normale) entre 1 et 4% de leur chiffre d’affaires.


Entre 80 et 100 millions de passagers à Paris, en 2021


L’augmentation des redevances aéroportuaires semblent être la goutte d’eau de trop. D’autant qu’ailleurs, les aéroports semblent pratiquer une politique plus accommodante, compte tenu des difficultés du secteur.


En Europe, (à Amsterdam, Londres, Zurich, Francfort…), les autorités ont réduit ou gelé leurs tarifs. C’est aussi le cas en Amérique du Sud (Mexico, Sao Paulo…), au Moyen Orient (Dubaï, Riyad…).


Dans son argumentaire auprès de l’ART, l’hypothèse avancée par ADPp s’appuie pour 2021 sur un trafic prévisionnel de 80 à 100 millions de passagers, correspondant à une diminution de 25 à 45% du trafic de 2019.


Mais il s’agit d’une hypothèse fragile puisque, sur 10 compagnies interrogées par ADP à ce sujet, seules trois seulement ont été en mesure de fournir des prévisions, compte tenu l’incertitude actuelle liée à la situation sanitaire.


Pour éviter un scénario encore plus catastrophique, le Scara en profite donc pour demander entre autres l’arrêt des procédures de privatisation d’infrastructures stratégique et la reprise par l’Etat de ses fonctions régaliennes dans les aéroports.

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