• Jean-François Bélanger

L’écotaxe : le coup du lapin ?


Issue de la convention citoyenne réunie par le président Macron, la proposition d’une écotaxe sur les transports aériens représente une véritable épée de Damoclès pour les entreprises du secteur, voire sur celles de l’industrie aéronautique, déjà fragilisées par l’effondrement du trafic.

Sur ce sujet de l’écotaxe, le secrétaire d’état aux Transports, Jean-Baptiste Djebarri, s’est déclaré pour l’instant plutôt opposé, alors que sa ministre de tutelle, Barbara Pompili, ministre de la Transition Ecologique, se montre bien plus réservée.

Le 21 septembre 2020, dans le journal L’Opinion, Ben Smith, DG du groupe Air France/KLM, a annoncé que devant la lenteur de la reprise, les aides publiques apportées « ne permettraient au groupe que de tenir moins de 12 mois ».

Evidemment, devant la cruauté de cette situation, l’ensemble des organisations représentant les professionnels, ceux que leurs adversaires écologistes appellent les « lobbies », font feu de tout bois pour infléchir les préconisations de la convention citoyenne.

L’Union des Aéroports de France, Airports Council International Europe… Par exemple, Olivier Manaut, président de l’Union Nationale des Compagnies Aériennes Françaises (UNCAF) précise : « le transport aérien Français n’a pas besoin d’interdiction, de taxes nouvelles, de limitations mais a besoin de soutien pour que nos régions ne perdent pas leur attractivité économique, pour que les dizaines de milliers de collaborateurs du secteur ne perdent pas leur emploi, et pour que tous les français puissent se déplacer ».

L’UNCAF demande donc au gouvernement d’écarter les propositions visant à taxer et de surseoir à interdire le transport aérien sur les courtes distances, car aucune étude d’impact sérieuse n’a été faite, alors que la réduction de CO2 figure depuis des années dans ses objectifs.

Vers une recapitalisation d’Air France

En se basant sur les dernières semaines, il est clair que le rebond du trafic sera bien plus lent que prévu, et plus long que lorsqu’Air France a négocié l'aide de l'Etat au printemps.

« Nous allons devoir continuer à nous adapter », a convenu Ben Smith, qui n’a pas écarté une éventuelle recapitalisation après les aides apportés par les états français et néerlandais. Une recapitalisation qui avait la faveur de Jean-Baptiste Djebarri, alors que certains évoquaient une nationalisation.

« Il est trop tôt pour chiffrer le montant d'une éventuelle recapitalisation », a ajouté le patron d’Air France/KLM. Cette question sera vraisemblablement tranchée lors de la prochaine assemblée générale.

Le capital est notamment détenu par les Etats français et néerlandais (14,3 et 14%), les compagnies américaine Delta et chinoise China Eastern à hauteur de 8,8% chacune…

Ben Smith, qui a rappelé l’engagement d’un plan de reconstruction qui passera par la suppression de 7 580 postes chez Air France d'ici à la fin 2022, et jusqu'à 5 000 chez KLM, n’a pas manqué d’ajouter que, concernant le principe d'une éco-contribution sur le transport aérien réclamée par la convention citoyenne, elle « serait irresponsable et catastrophique » pour son groupe.

De son côté, l’UNCAF demande au gouvernement de soutenir les compagnies aériennes françaises car si rien n’est fait, « il n’y aura pas nécessité à prendre des mesures pour limiter le transport aérien, il disparaitra tout seul au bonheur des idéalistes au col vert ». Le débat est prévu pour le début de l’année prochaine…

La destruction économique se trouve être le plat de résistance d’un menu où la liberté de choisir et de faire, l’évolution de la société, et enfin les nouvelles technologie d’avenir plus écologiques et meilleures pour le climat ont largement été oubliées. Et tout cela dans une mondialisation voulue par l’ensemble des populations…« Ainsi, le transport en charrette s’est arrêté sans interdiction, comme les trains à vapeur, comme les déplacements commerciaux en bateau à voile, …, et tout cela car des nouveaux modes de transport ont répondu aux nouvelles attentes » complète le président de L’UNCAF.

Guillaume Collinot , Trésorier de L’UNCAF rajoute « Notre industrie travaille sur les attentes écologiques que nous partageons tous et, que ce soit pour des raisons nobles, pour des raisons économiques faciles à comprendre et/ou simplement pour répondre aux attentes du marché et de notre temps ».

L’UNCAF représente le plus important syndicat de compagnies aériennes en nombre de membres, celles qui desservent les régions, celles qui assurent les évacuations sanitaires en parallèle à d’autres activités, celles qui déplacent des industriels, celles qui déplacent des clubs sportif, des groupes musicaux, des associations, celles qui sauvent en montagne, qui sauvent en mer et complètent leur travail en transportant des touristes ou des ingénieurs pour la construction d’ouvrages, etc, etc…

Faut-il tout arrêter ? Car ce sera le résultat direct de ces projets de nouvelles taxes et de restrictions d’utilisation de l’avion en fonction de limitations de distance…

« Est-ce cela la démocratie ? » souligne M. Pennazio, le Vice-président de l’UNCAF.

Nous suivre
  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône

TG Press - 9 rue du Gué - 92500 Rueil-Malmaison - Contact : pcossard.tgpress@gmail.com - 07 81 19 89 83