• Jean-François Bélanger

Le gouvernement portugais renationalise la TAP


Compte tenu de l’état de la compagnie liée à la situation sanitaire et du caractère stratégique de ses activités pour le pays, le gouvernement portugais a annoncé le 2 juillet 2020 la renationalisation de la compagnie TAP Air Portugal.

C’est un mouvement quasi général, en totale inversion avec le modèle précédent qui prévalait jusqu’à l’année dernière en Europe. Alors que la libéralisation du ciel et de ses opérateurs figurait parmi les pistes de développement du trafic aérien, la crise du Covid-19, amplifiée par les politiques environnementales, ont mis à mal les compagnies aériennes.

Après Air France/KLM, Lufthansa, Austrian Airlines… les états ont mis la main à la poche et, en contrepartie s’emparent plus ou moins des manettes.

Cette fois, c’est le gouvernement portugais qui vient d’annoncer la renationalisation de la compagnie aérienne TAP en montant à 72,5% du capital pour éviter qu'elle ne succombe à la crise provoquée par la pandémie de coronavirus.

« Son activité a une énorme importance stratégique pour le pays », a justifié le ministre des Finances Joao Leao. Aussi, pour éviter l'effondrement de l'entreprise, le gouvernement investira 55 M€ pour augmenter sa part dans le capital de la TAP de 50 à 72,5%.

Un revirement complet par rapport à la période précédente. TAP avait conclu sa privatisation après de longues tractations. Elle était intervenue en 2015, à hauteur de 61%, notamment au profit du spécialiste sud-américain David Neeleman et d’un associé portugais.

Le patron du groupe nommé par David Neeleman va être remplacé. Des décisions justifiées par le fait que la compagnie aérienne joue un rôle essentiel dans le secteur du tourisme, l'un des moteurs de l'économie portugaise.

« Près de 90% de nos touristes arrivent par avion et la moitié par la TAP », avait rappelé le 30 juin le ministre des Infrastructures M. Santos, soulignant que « ce serait un désastre économique de la perdre ».

Mais elle intervient après que le gouvernement portugais ait proposé aux actionnaires un prêt de 1,2 Md€ pour renflouer le groupe et que ces conditions aient été rejetées par le conseil d'administration.

Situation comparable à Air France/KLM ?

Une situation similaire à celle de la France. Alors qu’au mois de mai la question de la nationalisation d’Air France s’était aussi posée, le Secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Djebbari, avait indiqué devant le Sénat que ce n’était pas la solution retenue et qu’il renouvelait sa confiance à Ben Smith.

Quelques jours après, le ministre des Finances, Bruno Le Maire allouait à la compagnie 7 Mds€, un prêt assorti d’une réorientation de son trafic et d’objectifs environnementaux…

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