Sophie Ollier Daumas, directrice de Bourgogne-Franche-Comté Tourisme

 

Voyages & Groupe : A l'heure du fameux « déconfinement », où en est-on en Bourgogne et en Franche-Comté ? 

Sophie Ollier Daumas : On envisage de travailler le marché, et les groupes y auront un rôle à jouer, avec un plan de relance élaboré la semaine dernière. Il est prêt, même si pour le détail, et notamment son nom officiel, nous n'avons pas encore tranché. Malgré le déconfinement, l'incertitude reste totale, du coup, on va être obligés de décloisonner en deux temps. En première phase, tenter de capter nos touristes proches en tenant compte du rayon de 100 km, malgré ses incohérences - car il faut noter qu'en Franche-Comté, on peut théoriquement aller en Suisse et en Allemagne ! ET paradoxalement, sur le papier, les Européens peuvent voyager partout en France... ce qui n'est pour le moment pas le cas des Français ! Pour la deuxième phase de notre plan, nous espérons nous adresser le plus vite possible au marché plus lointain, si possible international. Il faut savoir qu'habituellement, la fréquentation de Bourgogne-Franche-Comté, c'est 40% d'étranger : d'abord les Pays-Bas et la Belgique, puis la Grande-Bretagne et l'Allemagne, sans oublier la Chine. Aussi incroyable que ça puisse paraître, la région est numéro 3 en France pour le nombre de visiteurs chinois ! Les Chinois sont encore confinés une semaine, mais le patron du Club Med a annoncé qu'il allait commencerait à rouvrir plusieurs unités en Chine pour la clientèle nationale. Outre des perspectives en Chine, nous avons aussi des perspectives au Japon et en Corée. J'espère qu'on n'est pas parti pour devoir se contenter du tourisme national ! 

 

VG : Ce tourisme national, comment est-ce qu'il se répartit ? Entre quelles régions émettrices ?

SOD : En temps normal, c'est d'abord Paris, puis la région lyonnaise, et un petit peu l'Alsace, du moins si l'on parle de notre partie jurassienne. Mais pour que cela se passe comme en temps normal, il faudrait au moins que les trains fonctionnent... Après, est-ce qu'ils auront envie de venir ou pas ?... Je n'ai pas de boule de cristal, mais je suis quand même tenté de dire oui - en tout cas, notre plan fera tout pour !

 

VG : Est-ce que ce fameux plan a été remis en cause par les décisions du gouvernement ?

SOD : Rien n'a été remis en cause par aucune intervention publique. La seule chose que nous espérons c'est juste d'avoir plus de visibilité. C'est compliqué de ne pas connaître la future charte sanitaire nationale à l'heure où les socios-pros nous pressent pour obtenir des éléments concrets et précis. Avec les nouvelles mesures, est-ce que tous les Français auront forcément le droit de sortir de chez eux ? Je ne suis pas loin de penser que le gouvernement pousse plus loin que de raison les restrictions afin d'obtenir, en définitive, un minimum de respect des gestes barrières. Culturellement, c'est vrai que nous, Français, avons tendance à ne pas respecter ce qu'on nous impose. 

 

VG : Par curiosité : au bureau ? Qu'est-ce qui a changé ?

SOD : Les gens qui sont en garde d'enfant vont pouvoir revenir. Pour le reste, on applique les conditions classiques : masques, gants, gel, lingettes désinfectantes, adhésif au sol pour indiquer les sens d'entrée et de sortie. J'ai eu un décès dans mon entourage : ça remet les choses à leur place ! Ce qui pour certains est perçu comme un excès de prudence ne semble plus du tout anodin. Ici, de plus en plus de gens portent les masques. Ils sont conscients de toutes les difficultés depuis que, chaque soir, le fameux professeur Salomon fait son rapport.

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
Please reload

Please reload

Nous suivre
  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône

TG Press - 9 rue du Gué - 92500 Rueil-Malmaison - Contact : pcossard.tgpress@gmail.com - 07 81 19 89 83