• Jean-François Bélanger

Aéroport de Marseille Provence tire le signal d’alarme


Le jour où Ryanair déclarait son intention de ne pas redécoller sans avoir la possibilité de remplir les cabines de ses avions, Aéroport Marseille Provence (AMP) annonçait néanmoins préparer la reprise, tout en faisant part de ses préoccupations et de ses inquiétudes pour l’avenir.

Alors que la société d’exploitation est engagée sur un lourd plan d’investissement de 500 M€, destiné à coller à la dynamique de croissance sur laquelle la plateforme provençale était engagée, la réalité du moment l’amène à revoir ses positions.

Marseille Provence avait passé la barre des 10 millions de passagers l’année dernière avec l’une des plus fortes hausse de trafic des grands aéroports nationaux. Mais comme ailleurs, le trafic est aujourd’hui quasiment à l’arrêt. « Nous enregistrons autour de 300 passagers quotidiens, contre entre 20 et 30 000 au début du mois de mars », illustre Julien Boullay, directeur commercial et marketing d’AMP.

Résultat, les rares opérations sont traitées depuis le Hall B du terminal 1, après la fermeture du Terminal 2 puis de celle du Hall A du terminal 1, et l’avenir de la fréquentation reste sombre.

Après un trafic des passagers en baisse de 54,6% sur le mois de mars, AMP table, à ce jour, sur une baisse de 46%, soit un trafic de 5,6 millions de passagers sur l’année.

Une situation qui n’est pas sans mettre en danger les finances de cette société qui ne reçoit aucune subvention publique. Mensuellement, AMP perd 13 M€ de chiffre d’affaires et consomme plus de 7 M€ de trésorerie.

Pour faire face aux besoins immédiats, la société vient de contracter en mars dernier un emprunt de 25 M€.

Philippe Bernand, président du directoire d’AMP, en appelle donc à l’Etat : « nous lui demandons de prendre en charge, pour 2020, le coût des opérations de sécurité », une revendication ancienne de l’Union des Aéroports de France, mais qui prend tout son sens aujourd’hui.

Dans le même temps, AMP s’efforce de payer en temps et en heure les factures de ses fournisseurs locaux pour éviter l’effet domino. Egalement, les investissements à vocation capacitaire seront différés, alors que ceux liés à l’opération « Cœur d’Aéroport » seront poursuivis autant que faire se peut.

Pour l’avenir, AMP veut que Paris ne se concentre pas essentiellement sur la sauvegarde de la compagnie nationale et d’Aéroports de Paris. « N’oublions pas que les aéroports régionaux sont essentiels au développement des territoires » prévient Philippe Bernand.

Cela n’empêche pas AMP d’envisager la reprise progressive du trafic, en promettant un « choc de confiance » pour reconquérir la fidélité des passagers.

« Nous serons irréprochables en la matière mais nous appelons à travailler sur la cohérence des mesures de distanciation. En clair, il ne s’agit pas de la faire respecter dans les avions et dans les aéroports, pour qu’ensuite, les passagers s’entassent dans des bus ou des trains », explique Philippe Bernand.

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