Claire Baills, directrice de l'OT communautaire de Perpignan

Propos recueillis le 6 avril 2020

 

 

VG : Comment gérez-vous les groupes actuellement ?

Claire Baills : On n'a que deux personnes pour s'en occuper. Qui se tiennent au courant des législations d'urgence qui changent tout le temps. On a supprimé toutes les visites du mois de mai : trop d'incertitudes. En tout, 35 groupes sont annulés : 7000 € rien qu'en prestations pour 18 guides conférenciers, tous en free lance. Restaurants et hôtels seront aussi impactés. Ce sera possible de sauver l'été... mais ce n'est pas la saison des groupes qui ont, du reste, bénéficié de reports à l'automne : avec nos 300 jours de soleil par an, l'automne n'est pas un problème ! 

 

VG : Comment cela se passe-t-il en temps normal ?

CB : Chez nous, le tourisme de masse n'existe que trois semaines par an avec le balnéaire. Les vacances de Pâques sont fantastiques pour les groupes, avec la procession de la Semaine Sainte. Nous sommes une Ville d'Art et d'Histoire, avec ses 35 sites rénovés en dix ans. Le patrimoine marche bien lorsqu'il est complété par ce qui se trouve autour : forteresse de Salses, camp de Rivesaltes, Collioure, les stations du littoral comme Le Canet, Saint-Cyprien... Et puis, le vin : banyuls, rivesaltes... Nous avons un côté ville, un côté mer et un côté terre ; et une vocation transfrontalière avec Figueras ou Gérone. Tout ceci est proposé par notre catalogue groupe : 35 circuits avec des options à tiroirs. Le marché des groupes venait d'augmenter de 20% : on a mis en place des stationnement pour cette clientèle, des cadeaux pour les chauffeurs... Les autocaristes sont un levier de développement.

 

VG : Sur quoi tablez-vous pour la reprise ?

CB : Sur le concept "Vous nous avez manqué" ! En attendant plus de certitudes, la reprise se fera avec un tourisme local, avec des séjours à la journée. Mais restons vigilants : gare au sur-tourisme franco-français, ou à prendre les nationaux pour des pigeons. Il faut au contraire revenir avec plus de justesse dans les prix. Durant ce temps mort, on en profite pour saisir ce que les pros attendent de nous. Avec l'administration française, on ne peut pas à la fois mener l'activité et assurer la vente : cela induit un schéma où les petites entreprises font très attention à ne pas grandir, de peur de perdre de l'argent, la gestion devenir un casse-tête. A ces petite entreprise, nous voulons dire : "Faites votre travail de pro, nous on va vous commercialiser. Vous aider avec la vente en ligne". 

 

VG : Prêts pour le déconfinement, alors ?

CB : On n'a aucune idée de comment il se fera. Les guides sont mobilisés. Il faut que les hôtels suivent. En attendant, on maintient le contact avec nos prospects, par les réseaux sociaux. Grâce à une boîte de réalité augmentée, on a travaillé sur un quizz "Préhistoire" avec le musée de Tautavel : 40 000 connections en une semaine ! Ce jeu sur le patrimoine garde le lien pour la sortie de crise. Cependant les supports pédagogiques manquent, qu'il faut rendre plus ludiques, plus visuels. sinon, pour notre image, on travaille sur la différenciation. Les choses uniques, tels nos vins doux. L'élu doit gérer une aide publique, s'assurer que c'est son territoire qui la reçoit. Mais les pros, comme les clients, voient dans Perpignan l'accès à Collioure ou aux châteaux cathares. Il ne faut plus hésiter à inviter le touriste à aller ailleurs. Pour ça, on s'appuie sur les journalistes. On regarde comment ils nous perçoivent. On a également acheté et lu les guides Routard, Lonely, Michelin... Pour qu'on puisse dire à la fin : "Voilà ce qu'on est, et on est passé à côté de ça". Le Covid va nous donner du contenu.

 

 

 

 

 

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