• Jean-François Bélanger

Le trafic passagers dévisse


Lors de la présentation des résultats de l’exercice 2019, l’Union des Aéroports de France (UAF) a consacré une large place à la situation du secteur du transport aérien, un mois après le début de l’épisode du coronavirus, et a aussi réagi face à l’adversité dont il fait l’objet dans l’opinion.

La croissance du trafic aérien de passagers ralentit en France. De 5,7%, en 2017, puis 4,8% en 2018, elle s’est élevée à 3,8% l’année dernière. « Mais avec 214 271 063 passagers, nous établissons tout de même un nouveau record de fréquentation, après des années de forte croissance », tempère Thomas Juin, président de l’UAF.

Le rééquilibrage du poids entre aéroports franciliens et provinciaux se poursuit à vitesse modérée : 50,4% pour les premiers et 49,6% pour les seconds. Une évolution qui repose en partie sur la baisse de 3,8% des passagers à Orly, liée aux défaillances d’Aigle Azur et de XL Airways.

Ce sont donc les grands aéroports régionaux, ceux dont la fréquentation est supérieure à 5 millions de passagers, qui assurent l’essentiel de la croissance nationale (Nantes + 16,6%, Marseille + 8,1%, Lyon + 6,4%...) alors qu’Aéroports de Paris se contentent de + 2,57% et, qu’à l’autre bout, les aéroports de proximité ont une croissance encore plus faible : +1,68%.

L’UAF s’engage

Ce ralentissement du rythme de croissance s’est particulièrement accentué, depuis le deuxième semestre 2019. Si Thomas Juin ne fait pas de lien entre les phénomènes de « Flygskam » ou « d’air bashing » en provenance du nord de l’Europe, l’UAF a cependant participé à la constitution d’un front commun associant aéroports, compagnies et constructeurs en vue de mettre en place une communication valorisant ses actions en faveur du climat.

« Pour ce qui nous concerne, nous nous engageons, d’ici 2022, à ce que tous les aéroports entrent dans une démarche Airport Carbon Accreditation (ACI), à les conduire, d’ici 2030, à la neutralité carbone avec compensation, et d’ici 2050, sans compensation », annonce le président de l’UAF.

Des engagements en parallèle aux mesures d’urgence revendiquées auprès du gouvernement : suppression de la taxe mise en place au 1er janvier (60 M€), report de la fiscalité, échelonnement des charges sociales…, que justifie la situation actuelle.

Sur les 10 premiers jours de mars, le trafic aérien des passagers a dévissé de 20% et les réservations long courrier à destination de l’Europe ont chuté de 70%. Mais tout cela, c’était avant la fermeture - entre autre - du ciel américain le 13 mars 2020, et de la paralysie qui gagne désormais progressivement le ciel mondial…

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