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Climat et transport aérien : point de vue des Entreprises du Voyage

 

Et si on arrêtait de prendre l’avion ? titrait en Une, début avril, le quotidien Libération. De quoi interpeller les professionnels du tourisme. Comme Les Entreprises du Voyage, qui a sollicité l’institut de sondage BVA pour enquêter auprès des Français, et en particulier ceux qui voyagent en avion. Une enquête réalisée auprès de 2004 personnes, via internet les 17 et 18 avril, puis du 30 avril au 2 mai.

 

Quels en sont les principaux enseignements ? Tout d’abord que huit Français sur dix se déclarent préoccupés par le réchauffement climatique, près d’un tiers se disent même très préoccupés (31%). Autres constats : 36% ont pris l’avion au cours des 12 derniers mois, essentiellement pour des motifs personnels, mais seule, une minorité se soucie de l’impact de ses déplacements sur l’environnement. Toutefois, l’attention portée au bilan carbone est plus marquée chez les voyageurs professionnels (40%) que pour les voyageurs loisirs (27%).

 

Une part importante des voyageurs aériens (37%) ont déjà ou pourraient envisager (26%) de changer leur comportement pour limiter l’impact de leurs voyages en avion sur l’environnement. Comment ? En choisissant une destination moins lointaine (49%), en privilégiant un mode de transport moins polluant (44%), en compensant les émissions carbone de leurs voyages (34%) ou encore en renonçant à leurs voyages (30%).

 

Un fonds commun pour compenser les émissions de chaque avion

 

« Ils sont plus sensibilisés à ce sujet que je ne l’imaginais », relevait Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage au terme de la présentation de cette enquête. Avant d’ajouter : « les réactions des politiques sont inefficaces et mal structurées, les acteurs du transport aérien ont la tête dans le sable, les compagnies aériennes ont une stratégie inerte, campant sur la Convention de Chicago de 1944 qui interdit la taxation du kérosène. Sauf qu’à cette date, le réchauffement climatique n’était pas d’actualité ».

 

Pour Jean-Pierre Mas, « il ne faut pas taxer le transport aérien, ni le rendre inaccessible ! Il faut que les compagnies aériennes absorbent le CO2 qu’elles produisent en abondant un fonds commun, en fonction du type d’avion et de la durée du vol ».

 

Des propos soulignés dans une tribune, réunissant tant des TO, des hébergeurs, des organisations professionnelles, une compagnie aérienne (Air Caraïbes et French Bee) que… le président de la SNCF : « les compagnies aériennes financent l’absorption du carbone produit par tous les vols, y compris les vols cargo, à l’arrivée ou au départ de France, puis très vite, d’Europe. Le montant sera calculé par vol, en fonction de la consommation de kérosène de l’appareil utilisé pour effectuer ce vol, afin de favoriser l’usage des avions les plus modernes ».

 

D’autres pistes sont suggérées, comme l’incitation au développement des carburants alternatifs, la réduction des distances de roulage des avions ou encore l’optimisation des taux d’occupation. « Comme les efforts de la France, qui est à l’origine de 3,3% seulement du CO2 produit par le transport aérien mondial, ne changeront que peu de choses à l’échelle de la planète, c’est l’Europe et le monde qui doivent prendre cette voie », poursuivent les signataires de cette tribune.

 

Globalement, les transports sont à l’origine d’un quart des émissions de CO2 dans le monde. La route arrive en tête avec les trois quarts de ces émissions, l’avion et le bateau représentent 12% et 11%, soit près de 3% chacun de la production globale de CO2. Selon Iata, les émissions du transport aérien progressent d’environ 5% par an. En 2017, les avions ont émis, dans le monde, 660 millions de tonnes de CO2. En France, les émissions ont été de 22 millions de tonnes, dont 80 % issus des vols internationaux.

 

« Il ne s’agit pas de détruire le transport aérien, mais de le rendre vertueux », conclut Jean-Pierre Mas, qui souhaite porter l’idée de ce fonds commun au niveau européen. Tout « en craignant toutefois la capacité de nuisance et de lobbying des compagnies aériennes ».

 

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