• Catherine Mautalent

Quid de la compétitivité du transport aérien français ?

En association avec le BAR France (Board of Airlines Representatives) et Iata (International Air Transport Association), la Fnam (Fédération nationale de l’aviation marchande, représentant 95% du transport aérien) organisait, hier, lundi 13 mai, à Paris une conférence de presse portant sur la compétitivité du transport aérien français.

« Nous attendions beaucoup des Assises nationales du transport aérien mises en place par Elizabeth Borne, mais nous avons été déçus, le bilan est nul, rien de concret n’est sorti », dit Alain Battisti, président de la Fnam. Pourtant, poursuit-il, « le transport aérien constitue un enjeu économique, social et territorial de premier ordre pour la France ».

Taxes, réglementations, concurrence…

Sauf, que ces dernières années, le pavillon français n’a réussi à capter que 10% de la croissance sur le marché hexagonal. Pourquoi ? « En raison d’un fort empilement de réglementations parfois incohérentes entres elles, d’une concurrence déloyale de certains opérateurs internationaux profitant d’un adossement à des fonds souverains et/ou d’un financement public de leurs infrastructures, et d’une conjonction de cotisations sociales, de taxes et de redevances spécifiques créant une sur-taxation des compagnies françaises », liste Alain Battisti.

Des propos partagés par Rafael Schvartzman, vice-président régional Iata pour l’Europe, qui renchérit : « la position compétitive de la France au sein de l’Europe est faible en termes de coûts d’infrastructures, d’efficience de la gestion du trafic aérien, de qualité de la réglementation et des coûts des charges sociales. Il y aurait d’énormes possibilités de création d’emplois et de croissance économique si ces faiblesses étaient corrigées ».

De g. à d. : Jean-Pierre Sauvage, président du BAR France, Rafael Schvartzman, régional vice-president Europe Iata et Alain Battisti, président de la Fnam.

L’aviation contribue pour environ 100 milliards d’euros au PIB, et procure 1,1 million d’emplois en France. En optimisant la compétitivité du secteur, ces chiffres pourraient passer respectivement à 160 milliards d’euros et 1,6 million d’ici 2037.

Selon la Fnam, la fiscalité et les charges spécifiques au secteur ont augmenté plus vite (+123%) que le trafic corrigé de l’inflation. Sans oublier des coûts de sureté (+500% depuis 2001). « La France est le seul pays au monde où ces coûts sont intégralement supportés par les compagnies », à travers la taxe d’aéroport incluse dans le prix du billet.

Des recommandations

Dans un récent rapport, Iata liste trois principales recommandations pour améliorer la connectivité en France et accroître ses possibilités économiques et sociales :

  • réformer la réglementation économique, en renforçant, par exemple, le régulateur économique indépendant afin que les redevances soient proportionnées aux coûts et efficientes ;

  • instaurer une stratégie française de gestion du trafic aérien pour optimiser sa capacité et son efficience ;

  • adopter les principes de réglementation intelligente, en favorisant, par exemple, la compensation plutôt que la taxation pour contrer les émissions de CO2 de l’aviation.

« La capacité du ciel aérien et la connectivité sont deux éléments essentiels au développement économique et touristique d’un pays », résume Jean-Pierre Sauvage, président du BAR France.

Iata estime que le nombre de passagers aériens pourrait doubler en vingt ans, passant de 3,8 milliards en 2016 à plus de sept milliards en 2035. Au niveau européen, c’est une croissance de l’ordre de 40% d’ici 2030 qui est attendue : de 150 millions de passagers aujourd’hui à plus de 120 millions dans douze ans.

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