• Christian Brohier

Assises du transport aérien : un rendez-vous manqué


Les Assises du transport aérien, qui ont débuté le 21 mars 2018, ont été clôturées le 8 mars dernier par Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports.

Pour Alain Battisti, président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) : « les mesures proposées méritent d’être examinées, mais elles ne sont pas à la hauteur des enjeux et de l’urgence. Aucune d’entre elles ne rétablira vraiment le « level playing field » pour le transport aérien français. Même les mesures sans impact budgétaire et non précisées sont reportées ultérieurement aux travaux du Conseil supérieur de l’aviation civile (CSAC)».

Des mesures insuffisantes

Pour la fédération, « les mesures sont insuffisantes pour réduire le déficit de compétitivité du transport aérien français ». Et de les lister : réduction de la taxe d’aéroport par passager à 0,90 euro contre 1,25 euro; augmentation de cinq à 20 millions d’euros de la dotation en faveur des liaisons d’aménagement du territoire ; augmentation de l’abattement passant de 40% à 65% de la taxe sur les passagers en correspondance; renforcement de l’indépendance et des pouvoirs de l’Autorité de supervision indépendante de régulation économique des aéroports (ASI).

Le CSAC se voit confier la mission de suivi continu de la mise en œuvre de la stratégie nationale du transport aérien, particulièrement sur les questions règlementaires. « Aujourd’hui, le transport aérien français va continuer à accumuler ses surcouches règlementaires : les textes français, le référentiel européen », estime la Fnam, qui « demandait simplement la mise en application des règlements européens sans réécriture, ni dispositions nationales spécifiques, dispositions à coût nul pour l’Etat ».

Les Assises du transport aérien se terminent par « des propositions insuffisantes pour redynamiser notre secteur confronté à des concurrents conservant les avantages de leur pays d’origine, y compris sur le marché français, poursuit la fédération. C’est pourquoi, depuis dix ans, le transport aérien français n’a réussi à capter que 10% du marché hexagonal qui est pourtant le second en Europe ».

« Tout ça que pour ça »

Après un an de co-construction, une forte mobilisation des représentants de l’Etat et des entreprises au travers de près de 200 heures de débats, 13 groupes de travail (soit 37 réunions et 14 colloques), a calculé la fédération, « les opérateurs que nous représentons, n’obtiennent que des mesures qui ne contribueront pas à améliorer véritablement et significativement la compétitivité du secteur ».

Pourtant, ces Assises « étaient une occasion unique pour soutenir les efforts des compagnies françaises pour figurer parmi les plus puissantes au monde, pour contribuer à l’économie du pays et à la création d’emplois sur le territoire français », conclut la Fnam.

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