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« Les agences ne doivent pas être les dindons de la farce »

Suite au dépôt de bilan de Germania, Les Entreprises du Voyage (EDV) ont mis en avant les agences auprès du grand public, par le biais d’insertions dans Le Journal du Dimanche (10 février), Le Figaro (11 février), Les Echos (11 février) et Le Monde (12 février).

 

Pour Richard Vainopoulos, Président du réseau TourCom, « la communication de notre syndicat est dangereuse (…), elle ne rend pas service aux agences de voyages », et s’en explique dans un communiqué, dont Voyages & groupe reproduit l’intégralité.

 

« Toute faillite est un drame, et celle de Germania n’échappe pas à la règle. A la suite de cette cessation de paiement, des salariés vont être licenciés. Quant aux passagers qui n’auront jamais pu effectuer le voyage réservé sur la compagnie, ils seront plusieurs à découvrir combien il est difficile d’obtenir de se faire rembourser en cas de faillite.

 

 Comment le syndicat des Entreprises du Voyage peut-il communiquer au grand public en exploitant cet événement : EDV y voit une formidable opportunité de rappeler que les clients qui ont acheté un transport, dans le cadre d’un forfait, seront remboursés par les agences? En faisant ce genre de déclaration, le syndicat met toutes les agences en demeure de rembourser les clients concernés, à charge pour elles d’essayer de se faire rembourser à leur tour, ce qui dans le cas des faillites se révèle encore une fois toujours difficile, sinon impossible! Ce que le syndicat a confirmé deux jours après en précisant dans une communication que les agences ont peu de chance d'être remboursées par le liquidateur de Germania, si le solde est négatif (ce qui est plus que probable)...

 

Depuis des années, je ne cesse, avec d’autres professionnels du voyage, de demander que les compagnies s’assurent contre le risque de faillite, ou acceptent d’être co-responsables aux côtés des agences et des TO : ce sont surtout ces derniers qui paient de leurs poches les retards ou les annulations de vols. En cette période économique et politique difficile, plutôt que de faire un coup de communication sans se préoccuper des conséquences financières pour les agences, le syndicat serait mieux inspiré de se battre en ce sens. Les agences ne doivent pas être les dindons de la farce au motif que le syndicat refuse depuis des années de se battre pour que les compagnies présentent les mêmes garanties que les autres acteurs du secteur du voyage.

 

Ces derniers mois ont été marqués par des faillites en cascade : Primera, Small Planet, Azur, Sky Works, VLM, Cobalt, Cello et Flybmi. Aujourd’hui, aucune compagnie ne peut s’estimer à l’abri d’une faillite. Cela peut arriver même aux plus grandes. En cas de cessation de paiement, les agences doivent garantir financièrement les compagnies aériennes. Pourquoi ces dernières n’ont pas obligation de garantir le remboursement des billets des voyageurs quand elles déposent le bilan? Tant que les gouvernements et la Commission européenne n’obligeront pas ces entreprises à protéger financièrement leurs clients, nous courrons le rsique de voir se produire un jour une faillite beaucoup plus grave, avec une série de cessations de paiements en cascade et un nombre considérable de passagers abandonnés sur le tarmac. Personne ne pourra dire ce jour-là que nous ne savions pas ».

 

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