• Catherine Mautalent

NDC : « les agences de voyages sont prises en otage »

La norme NDC (New Distribution Capability), développé (et imposé) par Iata, va entraîner une évolution des modes de distribution de l’offre aérienne, un changement dans le quotidien des agences de voyages. Lors du dernier Forum du Seto à Deauville, Philippe Chérèque, Président d’American Express Global Business Travel a donné son point de vue.

« Les compagnies aériennes sont à l’origine de la création des GDS il y a vingt ans, mettant ainsi toute la distribution au même niveau. Aujourd’hui, avec la norme NDC, elles veulent contrôler leur prix, customiser leurs produits, et surtout influencer le modèle commercial », relève-t-il. Avec pour conséquence « de ne pas résoudre le problème qui se pose dans la pratique pour les agences de voyages ». Les solutions techniques (et visibles) se font attendre, alors qu’il y a urgence. « Seuls, Air France et IAG ont accepter de signer un « moratoire » de deux à trois ans pour réfléchir à des solutions », indique Philippe Chérèque.

Mais les choses traînent. « Air France et Amadeus se renvoyaient la balle lors du dernier congrès des Entreprises du Voyage, alors que la norme NDC ne date pas d’hier, mais les GDS ne se sont pas réveillés à temps», poursuit-il, et d’ajouter : « en septembre 2015, il a fallu que Lufthansa lance l’offensive, en annonçant une surtaxe de 16 euros pour chaque billet émis via un GDS », pour que les GDS réagissent « face à la menace d’une distribution directe des compagnies ».

En attendant, « les agences de voyages sont prises en otage,poursuit Philippe Chérèque, elles vont être surchargées », et prédit « que les incentives GDS seront amenés à disparaître ».

L’appropriation de la norme NDC est prévue entre 2018 et 2020, avec environ seulement 20% des ventes de produits aériens d’ici deux ans. Iata envisage d’atteindre 50% sur la période 2020/2025, puis 100% dans les sept ans. Les compagnies aériennes vont, donc, économiser des centaines de millions d’euros, mais ce sont aussi des pertes à venir pour les GDS et les agences de voyages.

« A moins que ces dernières repensent leur process en apportant de la valeur ajoutée,conclut Philippe Chérèque. Ce qui est bien, c’est que la norme NDC apporte plus de contenus. En revanche, ce qui n’est pas bon c’est de changer le modèle économique, qui ne peut fonctionner que sur les ventes directes des compagnies ».

Et d’inciter « les réseaux et les GDS à travailler ensemble pour trouver une solution ». Parce que, dit-il, « les GDS sont les seuls à avoir les moyens d’agréger les contenus de toutes les compagnies ariennes, tout en leur permettant de vendre des produits personnalisés ».

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