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Catastrophes naturelles : comment anticiper ?

L’APST a organisé à Nice un forum sur le thème : « catastrophes naturelles : peut-on les anticiper ? Que font les professionnels ? ». Un forum auquel participaient Stéphane Le Pennec, directeur général de Salaün Holidays, et Jérôme Beilin, directeur du développement EcoAct. Extraits.

 

 

« Le réchauffement climatique va créer de plus en plus d’aléas extrêmes,souligne Jérôme Beilin. En 2017, on a comptabilisé dans le monde 710 catastrophes naturelles, soit plus du double de 2016, qui ont fait 10 000 morts et ont coûté 330 milliards de dollars».Pour Stéphane Le Pennec :« nous sommes désormais confrontés en permanence à ces phénomènes. On ne peut pas rester inertes et se dire que c’est une fatalité. En tant que tour-opérateur, on se sent aussi redevable par rapport à une nature qu’on utilise ».

 

« AccorHotels dit aujourd’hui que 33% de ses hôtels sont situés dans des zones à risque hydrique, 37% dans des zones à risque d’inondations. Si l’eau était coupée pendant cinq jours dans 10% de ses établissements, le surcoût s’élèverait à 1,5 million d’euros, explique Jérôme Beilin. Thomas Cook a calculé que 9% de ses revenus étaient directement menacés par la sécheresse et la pénurie d’eau, soit 700 millions de livres sterling ».

 

« Chez EcoAct, on a mis en place des modèles permettant de mesurer l’exposition au risque lié au réchauffement climatique dans n’importe quelle région du monde. On est désormais en capacité de proposer un degré de finesse important, de zoomer sur une zone de 10 km2, poursuit Jérôme Beilin. « Nos modèles donnent des tendances, mais ne pourront jamais prédire au jour près une catastrophe naturelle ! », ajoute-t-il.Stéphane Le Pennec acquiesce : « nous utilisons depuis quelques années la carte mondiale du risque géopolitique établie par le ministère des Affaires étrangères, nous pourrions imaginer la même chose pour le risque climatique ».

 

« Nous avons calculé qu’à partir de 2030, réparer les dégâts dus à une catastrophe naturelle coûtera deux fois plus cher qu’anticiper, affirme Jérôme Beilin. Au-delà du coût financier, l’enjeu est la transformation des business models et des offres. Par exemple, les stations de ski commencent à diversifier leurs activités pour être moins sensibles au défaut d’enneigement ».Stéphane Le Pennec confirme : « nous n’avons pas d’actifs immobiliers comme AccorHotels ou le Club Med qui sont tous deux plus exposés que nous au risque climatique, mais naturellement nos calendriers vont s’adapter, avec moins de programmations sur les périodes à risques où se multiplient, par exemple, typhons et ouragans».

 

« Le secteur du tourisme n’est pas bien préparé à ces problématiques»,résume Jérôme Beilin. Pour Stéphane Le Pennec, « il faut que nous formions nos collaborateurs pour leur dire que ce n’est pas parce que le client est parti que notre boulot s’arrête. Au contraire, cela ne fait que commencer ».Jérôme Beilin : «la formation, c’est bien, mais il faut anticiper. Il y a donc un vrai travail à faire au niveau de la filière pour être en capacité de rassembler tous les acteurs, agences de voyages, hôteliers, transporteurs…, afin de commencer à travailler sur ces sujets, et surtout mutualiser les efforts car, encore une fois, l’anticipation a un prix ».

 

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