• Catherine Mautalent

Vent debout contre une nouvelle taxe

Les députés ont adopté le 7 novembre, un amendement relatif à la création d’une nouvelle taxe de séjour régionale de 15% en Ile-de-France, dont les recettes seront affectées à la Société du Grand Paris (SGP).

L’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) et le Groupement National des Chaînes (GNC) « s’opposent vigoureusement à ce projet, en contradiction totale avec l’engagement du Président de la République et du gouvernement de ne pas créer de nouvelles taxes. Cette mesure viendra pénaliser directement le pouvoir d’achat des Français et des touristes internationaux ».

Augmenter une nouvelle fois le montant global de la taxe de séjour affectera « durement » le pouvoir d’achat des 20 millions de Français qui visitent chaque année l’Ile-de-France, et créera un précédent « et par contagion pourrait être étendue à toutes les régions dès lors qu’un projet d’infrastructures le justifierait ». De fait, la surtaxe pénalisera tous les Français qui représentent plus de 60% du chiffre d’affaires du tourisme hexagonal.

« Cette nouvelle taxe est également en contradiction totale avec les objectifs fixés par le Conseil interministériel pour le Tourisme, poursuit le communiqué. Elle pénalisera l'attractivité de la première région d’accueil des touristes français et étrangers, et affaiblira durablement la compétitivité du tourisme d’affaires, locomotive de l’industrie du tourisme en Ile-de-France».

L’UMIH et le GNC considèrent cette mesure comme particulièrement « inéquitable », puisque les mêmes acteurs sont systématiquement sollicités : 80% de la taxe de séjour est collecté aujourd’hui par l’hôtellerie et les résidences de tourisme (à peine 1,3% via les plateformes de type Airbnb). A l’exception de Paris, aucune collectivité francilienne n’a mis en place une taxe de séjour sur les meublés qui doit être collectée par les plateformes.

Et de poursuivre :« avant de surtaxer les Français et les touristes internationaux, les collectivités concernées par la SGP, ont la responsabilité de mettre en place ces nouvelles opportunités offertes par la loi et le cas échéant, en reverser tout ou une part à la SGP. Selon nos estimations, ce sont prèsde 40 millions d’euros supplémentaires qui pourraient être collectés pour la région Ile-de-France, bien plus que les 15 à 20 millions d’euros évoqués ».

La collecte de la taxe de séjour a déjà doublé en Ile-de-France sur les six dernières années, passant de 46,9 millions à près de 100 millions d’euros(sans compter la taxe de séjour additionnelle départemental qui s’applique déjà).

« C’est enfin, une déviation inédite de la finalité même de la taxe de séjour qui doit servir à soutenir la promotion des destinations. Dans nulles autres destinations européennes concurrentes, le produit d’une taxe de séjour est utilisé pour financer des infrastructures de transports », conclut le communiqué.

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