• Catherine Mautalent

Quid de la promotion de la destination France ?

L’Assemblée nationale s’est penchée sur la promotion de la destination France, mission confiée à Maurice Leroy, député du Loir-et-Cher (UDI, Agir et Indépendants) et Jean-François Portarrieu, député de Haute-Garonne (LREM). Le rapport, fait au nom de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, a été publié. Que faut-il en retenir?

L’un des principaux constats porte sur les données statistiques « qui ne sont pas toujours pertinentes, ni même fiables ». La Banque de France a ainsi « découvert » récemment que la dépense cumulée des visiteurs étrangers sur le sol français était fortement sous-évaluée, la redressant rétrospectivement de 11 milliards d’euros (pour 2016). Cette réévaluation s’est accompagnée d’un bouleversement du classement des nationalités contribuant le plus à cette dépense. Comment, alors, mener une politique de promotion avec de telles incertitudes sur le « marché »?

Les propositions de la mission portent donc sur l’amélioration de la pertinence et de la fiabilité des données sur le tourisme, ainsi que de l’évaluation des politiques publiques, qu’il s’agisse de celles d’Atout France ou des collectivités territoriales. « Il faut instaurer une cellule d’observation et d’intelligence économique du tourisme dans le cadre d’Atout France, qui aurait notamment pour mission stratégique de piloter, coordonner, enrichir, homogénéiser et adapter aux besoins spécifiques les données statistiques concernant le tourisme isssu de sources multiples », peut-on lire sur le rapport. Cette amélioration doit être la contrepartie du renforcement des moyens envisagé pour Atout France, ce que la mission approuve.

Le rapport souligne un autre enjeu : l’importance du marché intérieur. « Il est nécessaire de maintenir des politiques publiques pour le départ des vacances des Français, une dimension quelque peu passée au second plan avec le rattachement du tourisme aux Affaires étrangères ».

Autre constat : les compétences touristiques qui sont partagées entre tous les niveaux de collectivités. Ici, les rapporteurs y voient « des responsabilités multiples et une visibilité insuffisante ». Les collectivités territoriales ont mis en place des structures « dont les dénominations et même les formes juridiques sont très diverses ». Et de poursuivre : « il y a une évaluation et une coordination encore à construire (…) la coordination entre les organismes paraît également rester souvent défaillante ».

Quant à la taxe de séjour, le rapport propose d’engager à l’Assemblée nationale, en lien avec le gouvernement, une réflexion sur son affectation, la définition de son emploi, l’association des professionnels du tourisme et le contrôle démocratique sur celui-ci, de façon à ce que les recettes supplémentaires résultant des réformes du barème et de la collecte soient utilisées à bon escient.

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