Laurent Dusollier, directeur général du Groupe Odalys

06/07/2018

« Il faut relever les défis du développement touristique français »

 

Alors que le gouvernement s’est fixé pour objectif d’accueillir 100 millions de touristes internationaux et d’atteindre les 50 milliards d’euros de recettes en 2020, Laurent Dusollier, directeur général du Groupe Odalys, appelle à une mobilisation des acteurs de la filière.

 

 

Quels sont les défis à relever face à une concurrence de plus en plus forte des voisins européens ?

 

Si la France est toujours la première destination touristique mondiale, la réalité est moins flatteuse : entre 2000 et 2016, le nombre d’arrivées de touristes internationaux n’a progressé que de 7%, quand l’Italie était à +27%, les Etats-Unis à +47% et l’Espagne à +63%. Il nous faut reconquérir une clientèle dont les habitudes de consommation changent rapidement, moderniser notre offre touristique parfois vieillissante, nous doter des outils digitaux capables de promouvoir les attraits de l’ensemble de nos territoires et renouveler notre offre d’hébergement afin d’accroître notre capacité d’accueil. Pour cela, une remise en question de la politique touristique de l’ensemble des acteurs de la filière et des investissements publics à la hauteur des enjeux sont nécessaires. Si l’investissement touristique en France est resté au même niveau que celui de 2010, la consommation touristique a augmenté de 15%.

 

 

Quels investissements en matière d’hébergement vous semblent urgents?

 

Le parc devrait croître de 1,5 à 2,7 millions de lits. Or, au regard du marché actuel, il devrait nous en manquer entre 400 000 et 1,2 million. Afin de soutenir le renouvellement de l’offre, je reste convaincu que la mise en place de dispositifs fiscaux incitatifs reste nécessaire pour favoriser l’investissement privé. Sans ce levier fiscal, la question du renouvellement de l’offre est posée. Il faut également s’interroger sur l’adaptation des réglementations aux contraintes actuelles, mais aussi de l’allègement des normes administratives imposées aux entreprises qui alourdissent les charges d’exploitation des professionnels et leur niveau de réactivité, alors même que la saisonnalité naturelle de leur activité et les aléas climatiques fréquents, notamment à la montagne, leur impose une grande flexibilité.

 

 

Quelles sont les dispositions à prendre pour aider les stations françaises à retrouver leur leadership européen ?

 

Cet hiver, la fréquentation des stations de ski a progressé de seulement 1%. Pour leur permettre de se moderniser et d’attirer à nouveau une clientèle européenne, la première priorité est de lutter contre les lits froids en engageant d’indispensables rénovations. Il faut renforcer les financements publics et privés pour faire émerger de nouveaux projets touristiques structurants et renouveler l’offre en station en permanence. On estime à 3000 le nombre de lits chauds qui sortent du circuit commercial chaque année. Seconde priorité : proposer davantage d’activités hors ski ou après ski afin de satisfaire les nouveaux modes de consommation. Face à un recul des journées skieurs, notamment en provenance des marchés étrangers, des investissements sont également indispensables pour créer de nouvelles liaisons et investir dans l’enneigement artificiel. Seulement 30% du domaine skiable français bénéficie d’un enneigement artificiel, contre 48% en Suisse et 60% en Autriche.

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