METROPOLES

Développer l’attractivité

Catherine Mautalent

29/03/2019

Après un premier volet axé sur la fréquentation touristique et l’offre hôtelière de six métropoles mondiales (Paris-Ile de France, Londres, New York, Shangai, Bangkok et Tokyo), le CRT Paris Ile-de-France, le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services, ainsi que le pôle tourisme, congrès et salons de la CCI Paris Ile-de-France comparent, dans un second volet, les secteurs de la culture et de l’aérien de ces mêmes villes

Dans un contexte de concurrence accrue, l’attractivité culturelle d’une ville est primordiale. Parmi les métropoles objets de cette étude, Paris, Londres et New York font ainsi partie des villes de référence en termes de musées. En effet, au-delà de leurs sites incontournables, elles attirent des touristes du monde entier grâce à ceux dédiés aux beaux arts.

Paris, Londres et New York, principales destinations culturelles

 

A Paris, le Louvre est le plus visité au monde (8,1 millions de visiteurs en 2017, 10,2 millions en 2018), et deux musées parisiens ont dépassé le nombre des trois millions en 2017 : le Centre Pompidou (3,4 millions - 3,6 en 2018) et Orsay (3,2 millions - idem en 2018).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A New York, le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art ont reçu respectivement 6,7 et 2,8 millions de visiteurs en 2017. En plus des musées d’art, celui dédié à l’histoire naturelle attire quelque cinq millions de visiteurs par an. Pour sa part, Londres concentre trois des musées parmi les plus visités au monde : 5,9 millions de visiteurs en 2017 au British Museum, 5,7 millions à la Tate Modern et 5,2 millions à la National Gallery.

 

Tokyo dispose d’une offre culturelle moins renommée que celle de Paris, New York et Londres, mais néanmoins non négligeable. Ainsi, le National Art Center, le Tokyo Metropolitan Art Museum et le Tokyo National Museum font partie des musées les plus importants d’Asie. Le premier cité ne possède pas de collection particulière, mais l’accueil d’expositions temporaires lui a permis de recevoir près de trois millions de visiteurs en 2017.

 

Le Shanghai Art Museum a accueilli environ deux millions de visiteurs en 2017, soit un niveau de fréquentation comparable à ceux du Rijksmuseum à Amsterdam ou encore de la galerie Tretiakov à Moscou, mais bien inférieur aux principaux musées mondiaux. En effet, Shangai attire plus les touristes pour son jardin Yuyuan, la place du peuple ou encore le quartier d’affaires de Pudong et ses tours. Quant à Bangkok, elle ne compte aucun musée majeur, la fréquentation touristique étant concentrée sur le palais royal (Wat Phra Kaew), le Wat Pho abritant le bouddha couché ou encore le temple de l’aube (Wat Arun).

 

Les expositions boostent la fréquentation

 

L’attractivité culturelle de Paris, Londres, New York et Tokyo permet, en outre, à ces métropoles de recevoir chaque année une large part des principales expositions temporaires mondiales.

 

A Paris, 2017 a été particulièrement marquée par l’exposition « Icônes de l’art moderne - La collection Chtchoukine ». Celle-ci a accueilli 1,2 million de visiteurs à la Fondation Louis Vuitton entre le 22 octobre 2016 et le 5 mars 2017, et a été la plus fréquentée en Ile-de-France depuis celle consacrée à « Toutankhamon » en 1967. Elle a aussi été l’une des expositions qui a accueilli le plus de visiteurs dans le monde en 2017. Trois autres expositions ont dépassé les 500 000 visiteurs : Christian Dior au musée des Arts Décoratifs, et David Hockney et René Magritte au Centre Pompidou.

 

 

Tokyo dépasse ou approche régulièrement les 500 000 visiteurs pour ses expositions, que ce soit au National Art Center ou au Tokyo National Museum : en 2017, ils étaient 657 350 à avoir visité l’exposition Mucha. De même, à New York, le Metropolitain Museum of Art, le Museum of Modern Art et le Whitney Museum of American Art accueillent également chaque année des expositions à succès. En 2017, celle dédiée à Robert Rauschenberg au Museum of Modern Art a reçu 660 052 visiteurs.

 

A Londres, le seuil des 500 000 visiteurs a été atteint par deux expositions temporaires qui se sont déroulées en 2017 à la Saatchi Gallery (+ de 750 00 visiteurs pour From Selfie to Self-Expression et plus de 520 000 visiteurs pour Carmignac Photojournalism Award). En 2017, ailleurs dans le monde, il a fallu des expositions autour de grands noms pour que le Reina Sofia de Madrid (Picasso), la National Gallery of Victoria de Melbourne (Van Gogh), le musée Dali de Figueras ou le centre culturel Banco do Brasil de Rio (Mondrian) franchissent ou approchent le cap des 500 000 visiteurs.

 

Une compétition qui se mesure aussi du côté des aéroports

 

La compétition entre métropoles s’observe également au travers du volume et de l’évolution du trafic dans les aéroports internationaux. Il convient toutefois de souligner que les aéroports des métropoles étudiées ici ne font pas ou plus partie du top 3 mondial.

 

Les aéroports d’Atlanta, de Pékin et de Dubaï sont les plus importants au monde en termes de trafic de passagers. En contrepartie, parmi ces trois-là, certains ne sont essentiellement que des plateformes de correspondance (c’est le cas d’Atlanta ou de Dubaï). Par ailleurs, les métropoles de cette étude disposent d’au moins deux aéroports, ce qui fait que le nombre total de passagers est réparti sur plusieurs infrastructures.

 

Dans le Grand Londres, le principal aéroport est celui d’Heathrow : 78 millions de passagers en 2017, ce qui en fait le premier aéroport européen. La métropole est également desservie par trois autres aéroports : Gatwick (45,6 millions de passagers en 2017), tandis que Stansted et Luton ont reçu respectivement 25,9 millions et 15,8 millions de passagers. Londres a ainsi cumulé quelque 165 millions de passagers aériens en 2017, ce qui fait de la capitale britannique la principale métropole mondiale en termes de trafic aérien.

 

Le Grand New York ne compte plus d’aéroport dans le top 20 mondial. Cependant, là aussi, le trafic passagers est réparti sur plusieurs infrastructures et les trois aéroports ont été fréquentés en 2017 par plus de 132 millions de passagers. Ces derniers sont majoritairement passés par John F. Kennedy (59,4 millions). Les deux autres, Newark-Liberty et LaGuardia, en ont reçus respectivement 43,4 millions et 29,5 millions.

 

En termes de passagers, Tokyo-Haneda est le plus important aéroport des six métropoles de cette étude : 85,4 millions de passagers en 2017. Le Grand Tokyo dispose d’un autre aéroport majeur, Tokyo-Narita. Ce dernier, malgré un flux de passagers moins conséquent (40,6 millions en 2017), reçoit la plupart des vols internationaux, Haneda les vols intérieurs.

 

A l’instar de Tokyo, Shanghai dispose de deux aéroports principaux : Shanghai-Pudong pour les vols internationaux, et Shanghai-Hongqiao pour les vols intérieurs. En 2017, le trafic passagers s’est élevé à plus de 70 millions dans le premier, et à 41,9 millions dans le second.

 

Roissy-CDG : deuxième aéroport européen

Roissy-CDG est dans le top 10 des aéroports mondiaux, avec 69,5 millions de passagers en 2017. Il se positionne toujours au deuxième rang en Europe, mais est désormais talonné de très près par Amsterdam-Schiphol (68,5 millions), et doit aussi faire face à la montée en puissance de celui de Francfort-sur-le-Main (64,5 millions). L’Ile-de-France dépasse toutefois le cap des 100 millions de passagers annuels, si on y ajoute Orly (32 millions en 2017).

 

 

 

Même s’il est situé dans les Hauts-de-France, on peut également l’aéroport de Beauvais-Tillé (3,6 millions de passagers). Néanmoins, les trois principaux aéroports qui desservent Paris n’ont cumulé que 105,2 millions de passagers en 2017.

Cependant, au-delà du trafic aérien, Paris est aussi un carrefour ferroviaire (sept gares grandes lignes au total) qui se situe au croisement de Londres, Bruxelles, Amsterdam, Cologne, Francfort, Genève, Milan ou encore Barcelone. Cette caractéristique constitue un atout supplémentaire pour faciliter la venue de touristes d’agrément et d’affaires.

Bangkok compte deux aéroports internationaux. Le plus récent et, désormais le principal, est celui de Bangkok-Suvarnabhumi : 60,9 millions de passagers en 2017. Ce dernier a été inauguré en 2006 pour remplacer l’aéroport Don Muang, qui a rouvert un an plus tard, et accueilli 38,3 millions de passagers en 2017.

Si la croissance du trafic passagers est rapide dans le monde ces dix dernières années, elle l’est particulièrement dans les aéroports asiatiques. Le nombre de passagers a été multiplié par près de 2,5 à Shanghai-Pudong entre 2007 et 2017 pour passer de 28,9 millions à 70 millions. Même si elle s’est avérée moins conséquente, l’augmentation a malgré tout atteint 47,7% en dix ans à Bangkok-Suvarnabhumi et 27,8 % à Tokyo-Haneda.

En Europe, les deux principales infrastructures aéroportuaires ont des rythmes de hausse bien inférieurs à ceux observés en Asie, mais comparables entre eux : + 15,9% à Roissy-CDG et  +14,6 % à Heathrow entre 2007 et 2017. Néanmoins, ces variations sont inférieures à celles observées dans d’autres métropoles européennes : les augmentations sur dix ans atteignent notamment 19,1% à Francfort ou encore 43,4% à Amsterdam.

Des projets d’extension aéroportuaire

Dans ce contexte de compétition de plus en plus marquée, des programmes de développement se trouvent à l’étude ou sont même d’ores et déjà planifiés dans plusieurs métropoles.

C’est le cas notamment à Paris Ile-de-France, avec Orly en cours de modernisation et, surtout, les contours du projet de terminal 4 de Roissy-CDG qui se dessinent progressivement. Cette nouvelle infrastructure augmentera d’environ 40 millions de passagers la capacité de l’aéroport à l’horizon 2037. La première tranche, qui pourra accueillir entre sept et dix millions de passagers, devrait être achevée en 2024, peu avant le début des J.O.

Dans le Grand Tokyo, l’aéroport de Narita va également se développer dans les années à venir. D’ici à 2028, l’une des deux pistes existantes va être prolongée et une troisième sera construite, ce qui lui permettra de recevoir jusqu’à 75 millions de passagers par an.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A New York, les prévisions de trafic passagers à l’horizon 2050 ont conduit les autorités locales à envisager la modernisation de JFK. Le projet n’est pas encore définitivement validé mais, pour l’heure, il consisterait à construire deux nouveaux terminaux d’ici 2025. A Newark, la construction du Terminal One a débuté, mais, là aussi, il s’agit avant tout d’un projet de modernisation.

En Thaïlande, l’agrandissement de Bangkok-Suvarnabhumi, déjà quasiment saturé, est envisagé à court terme. L’objectif (ambitieux) est de lancer les travaux cette année, et de les achever en 2022. Le projet consiste en la construction de nouveaux terminaux qui porteraient la capacité de l’aéroport à 125 millions de passagers annuels d’ici à 2024. Parallèlement, Bangkok-Don Muang sera également agrandi afin de pouvoir accueillir jusqu’à 70 millions de passagers en 2025.

Des modèles de desserte en transports très différents

Au-delà de sa capacité d’accueil de passagers, la qualité d’un aéroport se mesure aussi à la qualité de sa desserte. Celle-ci dépend tout d’abord de ses caractéristiques intrinsèques.

En l’occurrence, les distances entre les aéroports étudiés ici et le centre-ville qu’ils desservent sont notamment très hétérogènes : elles sont d’à peine 15 km à vol d’oiseau pour les aéroports de Hongqiao, Newark ou Orly, alors qu’elles approchent (Stansted), voire dépassent (Narita et Beauvais-Tillé) les 50 km. De fait, les modes de desserte pour y accéder sont variés, plus ou moins rapides et efficaces : taxis, bus, métro, trains express ou de banlieue.

 

A Tokyo, Haneda est situé à 17 km à vol d’oiseau du centre-ville, il est possible de rejoindre le sud de la ville (gares de Shinagawa et de Hamamatsucho) de l’aéroport en moins de 20 mn. Le service pourrait être amélioré en vue des J.O. 2020. Plus éloigné de la capitale, Narita est relié au centre-ville en moins d’une heure via les Narita Express et Narita Sky Access.

 

A New York, l’aéroport JFK n’est pas desservi directement par le métro. Néanmoins, l’AirTrain JFK relie tous les terminaux de l’aéroport au métro, ainsi qu’au train de banlieue qui traverse Long Island. Sur un modèle assez similaire, l’AirTrain Newark relie sur cinq kilomètres environ l’aéroport de Newark à la gare Newark Liberty International Airport. LaGuardia est l’aéroport new-yorkais le plus proche de l’hyper-centre, mais est aussi le plus mal desservi en transports. Toutefois, un AirTrain devrait être opérationnel à partir de 2022.

 

 

 

 

 

 

 

A Shanghai, l’aéroport de Hongqiao est accessible grâce au métro. Celui de Pudong est aussi  desservi par une ligne de métro, ce qui le relie non seulement au centre de Shanghai, mais également à l’aéroport de Hongqiao.

 

A Londres, Heathrow est le mieux desservi des quatre aéroports londoniens. La Piccadilly line du métro relie tous les terminaux au centre en 45mn environ. Par ailleurs, l’Heathrow Express permet de rejoindre la gare de Paddington en 15 mn. A fin 2019, la desserte d’Heathrow sera également assurée par la branche ouest de la nouvelle Elizabeth line (service de type RER). Moins fréquentés, les autres aéroports bénéficient malgré tout de services ferrés. Le Gatwick Express conduit au centre en 30 mn environ, le Stansted Express part toutes les 15 mn pour la gare de Liverpool Street (50 mn environ), et l’aéroport de Luton est connecté à la gare de Saint-Pancras.

 

A Bangkok, alors que l’aéroport Don Muang est plus proche du centre-ville (20 km à vol d’oiseau), la desserte de Suvarnabhumi, situé à 30 km environ, et plus moderne, est de meilleure qualité. En effet, en plus de l’offre de bus et de taxis, le Bangkok Airport Rail Link permet de relier Suvarnabhumi au centre-ville en moins de 30 mn.

 

Dessertes « express », CDG Express

 

Au-delà des métropoles de cette étude, il convient de rappeler que, parmi les villes les plus touristiques (Barcelone, Copenhague, Istanbul, Lisbonne, Madrid ou encore Singapour) sont reliées à leur aéroport par le métro. D’autres offrent des dessertes ferroviaires « express » : c’est le cas de Moscou, de Stockholm ou encore de Hong Kong.

 

Uniquement desservis à l’heure actuelle par le RER B, en termes de desserte ferroviaire, les aéroports parisiens devraient profiter des développements des années à venir en matière de transports.

 

La ligne 14 sera prolongée jusqu’à Orly à l’horizon 2024, puis la ligne 17 sera inaugurée d’ici à 2030 et permettra de relier le terminal 2 de Roissy-CDG et son futur terminal 4 à Saint-Denis Pleyel, ainsi qu’aux lignes 14 et 16. Enfin, dans les prochaines années, le CDG Express reliera tous les quarts d’heure directement la gare de l’Est au Terminal 2 de Roissy en 20 mn, soit un service proche de ceux offerts par les autres métropoles de cette étude.

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