POLITIQUE

Tourisme en France : point d’étape

Le troisième conseil de pilotage du tourisme s’est tenu le 17 janvier, sous la présidence de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

 

Il s’est ouvert sur un premier bilan de la fréquentation touristique en 2018, avec une progression de l’ensemble des marchés émetteurs et une clientèle étrangère en hausse qui devrait avoisiner les 90 millions de visiteurs. Si l’actualité de la fin de l’année a pu provoquer des annulations, les premiers indicateurs ne montrent pas de fort décrochage par rapport à la moyenne annuelle.

 

Les arrivées aériennes internationales réservées sont en recul de 5% pour les deux prochains mois, mais repartent à la hausse à partir de mars. La majeure partie des TO dans le monde restent confiants dans la destination France, leurs interrogations portant essentiellement sur les sites ouverts ou fermés au public durant les week-ends.

 

Les marchés européens (près de 80% de la fréquentation internationale en France), ont connu des baisses très modérées. Les principales annulations sont à déplorer sur les marchés long-courrier, asiatiques en particulier, qui ont été sensibles aux images de violence urbaine et à l’attentat de Strasbourg. Tous les TO s’accordent sur des prévisions optimistes en 2019, si les mouvements sociaux ne se poursuivent pas.

Des propositions ont été formulées par les acteurs professionnels et territoriaux pour améliorer la collecte et l’analyse statistique du tourisme en France. Dans un rapport remis au secrétaire d’Etat, l’Institut français du tourisme (IFT) a proposé plusieurs mesures en faveur de la modernisation des modes de collecte et de production des données, dont l’expérimentation d’un bouquet d’indicateurs numériques. Datatourisme, la plateforme open data des données touristiques, pourrait également évoluer vers un outil de collecte de données, avec le concours des réseaux territoriaux du tourisme. Le secrétaire d’Etat a demandé à la direction générale des entreprises de leur rendre compte à l’été 2019.

Le conseil a abordé la question de la formation initiale en préparation du Conseil interministériel du tourisme de mars 2019, consacré pour une grande part à l’emploi et à la formation. Deux défis sont posés à tous les établissements de formation : l’adéquation de leur formation aux besoins des entreprises et leur visibilité à l’international.

Le monde du tourisme subit des transformations profondes depuis plusieurs années, à la faveur de la révolution numérique et digitale qui appelle de nouvelles compétences, et la concurrence est forte entre les établissements pour attirer les talents mondiaux. Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement et les professionnels du tourisme ont créé la Conférence des formations d’excellence au tourisme (CFET) qui labellise les meilleures formations françaises et mène des actions de promotion internationale. Deux conventions de partenariat ont ainsi été signées par la CFET en marge du conseil de pilotage du tourisme, l’une avec Atout France et l’autre avec Campus France.

Le secrétaire d’Etat a annoncé la création d’un groupe de travail sur le tourisme durable, composé de l’Ademe, du ministère de la Transition écologique et solidaire, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, du ministère de l’Economie et des finances et d’Atout France. Ce groupe sera chargé de formuler des propositions stratégiques et opérationnelles, qui seront soumises au Conseil interministériel du tourisme du second semestre.

Enfin, Jean-Baptiste Lemoyne a fait un point d’étape sur le dispositif « France Tourisme Ingénierie », annoncé lors Conseil interministériel du tourisme de janvier 2018. Il a rappelé sa volonté de construire l’ensemble de l’action économique du ministère de l’Europe et des affaires étrangères en partenariat étroit avec les régions françaises.

Ce programme d’accompagnement de l’investissement touristique en région est piloté par Atout France et cofinancé par la Banque des Territoires (15 millions d’euros sur cinq ans). Il comporte deux volets : la rénovation de l’immobilier de loisirs dans 13 stations pilotes - dix stations de montagne et trois stations balnéaires - et l’accompagnement des régions qui le souhaitent pour la réalisation de trois grands projets touristiques structurants sur leur territoire.

A ce jour, les trois régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur ont voté la mise en place de ce dispositif. Dans les prochaines semaines des votes devraient permettre de le mettre en œuvre en Bourgogne-Franche-Comté, en Corse, dans les Hauts-de-France, dans le Grand-Est, en Pays de la Loire et à La Réunion.

 

 

Catherine Mautalent

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