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LA CITE DE LA MER

    Nouveau cap

Texte et photos : Catherine Mautalent

07/06/2019

Depuis son ouverture au public en 2002, La Cité de la Mer, installée sous la grande voûte Art déco de l’ancienne gare maritime transatlantique de Cherbourg-en-Cotentin (50), a conquis plus de 3,8 millions de visiteurs.
En 2019, elle se réinvente en ouvrant un nouveau parcours permanent : l’Océan du futur. Voyages & groupe est allé le découvrir.

Dix années de travail, huit gouvernements et six premiers ministres à convaincre avant que le projet de La Cité de la Mer à Cherbourg-en-Cotentin, dans le département de la Manche, ne prenne forme, et ouvre ses portes le 29 avril 2002. Un vaste ensemble dédié à la découverte du monde sous-marin, alors articulé autour de trois pôles : la Grand halle (abritant la « grande galerie des engins et des hommes »), le pôle océan avec ses aquariums et le sous-marin nucléaire le Redoutable. Le tout complété par un restaurant et une boutique.

 

Six ans plus tard (en février 2008), et plus de 1,5 million de visiteurs accueillis depuis son ouverture, le site normand s’enrichit d’une nouvelle attraction : « on a marché sous la mer ». Cinquante minutes d’aventure virtuelle partagée par quatre équipages composés de 15 personnes pour une plongée virtuelle à moins de 10 000 m de profondeur, à bord de la capsule Hadalys.

 

En avril 2012, et 2,29 millions de visiteurs plus tard, La Cité de la Mer ouvre un nouvel espace : « Titanic, retour à Cherbourg ». Le public y découvre les destins d’émigrants (film, diaporamas, dispositifs interactifs) retracés dans la salle des bagages, avant « d’embarquer » à bord du navire (de sa construction aux enquêtes après le drame, en passant par la vie à bord à travers des dispositifs multimédia et des reconstitutions).

 

Nécessaire renouvellement

 

Aujourd’hui, La Cité de la Mer franchit une nouvelle étape en refondant son parcours permanent, proposé depuis l’ouverture, qui aura nécessité sa fermeture pendant six mois, le temps des travaux. Pour un coût de 4,5 millions d’euros portés par les collectivités, la région, le département, la ville de Cherbourg-en-Cotentin et l’Etat.

 

Bernard Cauvin, Président de La Cité de la Mer.

 

«Dix sept ans après son ouverture, il devenait nécessaire de moderniser notre parcours permanent, d’autant que les outils de médiation ont beaucoup évolué et le rapport de l’homme à l’océan s’est modifié », explique Bernard Cauvin, président de La Cité de la Mer. C’est ainsi que pas moins de 18 espaces multimédias ont été créés. 

« Nous avons travaillé pendant trois ans au renouvellement de parcours de visite », poursuit-il. Un projet destiné à redonner au site normand « une seconde vie », en entrant dans une mise en valeur des enjeux pour la planète et sa protection, après avoir porté jusqu’alors l’aventure des hommes sous la mer. Exit, donc, le pôle océan, place désormais à l’Océan du futur. « Notre objectif est d’inviter le public à porter un regard nouveau et novateur sur l’océan, un regard citoyen aussi », poursuit Bernard Cauvin.

 

Pour mener à bien cette transformation, trois années de réflexion et de rencontres avec des biologistes, des scientifiques, des historiens… ont été nécessaires. « Nous sommes partis d’une feuille blanche, avec l’idée cependant de ne pas changer la configuration d’origine », dit-il. Une configuration dont le pilier central est l’aquarium abyssal de 10,70 m de profondeur occupant trois étages, tandis que les 16 autres aquariums existants ont été rénovés, dotés de nouveaux décors. Parois, rochers, cachettes, rien n’a été laissé au hasard pour le confort et le bien-être des locataires !

 

Modernisation et interactivité

 

Dès l’entrée du parcours, les visiteurs sont accueillis par un film, Planète océan, de cinq à six minutes, sans commentaires audio, mais quelques phrases posées ici et là sur les images qui défilent. Le cyclorama évoque les hommes (comme les navigateurs célèbres), l’environnement, les navires, les poissons... Un voyage dans le temps et un regard sur la planète bleue.

 

« L’océan est le clé de l’histoire, le rivage est notre avenir », est-il écrit sur le mur menant à la découverte des premiers mètres sous la mer, un espace où trône cinq colonnes habillées d’images fugitives diffusées en boucle (celles d’animaux, d’apnéistes ou encore de plongeurs) dans une lumière bleue enveloppante. Dans des niches : du matériel de plongée. Autour des colonnes : des écrans tactiles interactifs, des jeux et des applications pédagogiques. Et déjà l’aquarium abyssal qui se profile.

 

Les pas se dirigent ensuite vers l’infiniment petit. Une courte présentation de l’expédition scientifique de la goélette Tara ouvre ce nouvel espace consacré au plancton, peuple invisible avec qui le public fait plus ample connaissance à travers nombre de manipulations (loupes géantes interactives, écran tactile plongeant au cœur d’une goutte d’eau du bassin tahitien…).

 

 

On poursuit par « les origines ». Cinq aquariums de forme cylindrique, dont un qui accueille pour la première fois des méduses dorées, un autre encore occupé par des crevettes nettoyeuses, invitent à la rencontre d’espèces de la nuit des temps. Une fresque interactive vient compléter ce voyage préhistorique.

 

La descente vers les abysses se poursuit en empruntant un escalier (19 marches lumineuses), au-dessus duquel est projeté un film sous-marin (un palier permet de s’arrêter quelques minutes pour le découvrir).

 

Avant d’atteindre l’espace consacré aux paysages des grands fonds. Ici, mouvements de plaques terrestres et grandes fosses marines s’animent, tandis que témoignent des pionniers qui ont observé ces phénomènes à bord de leurs submersibles. En retrait : un espace intitulé « le musée englouti » immerge les visiteurs dans l’univers de l’archéologie sous-marine. A travers un film, ainsi que cinq écrans individuels dédiés à cinq épaves.

 

Place est ensuite donnée à Jules Verne. Autour de l’espace, dont le centre est occupé par une partie de l’aquarium abyssal, des parois de verre semi-réfléchissantes dévoilent des images liées à la légende du Nautilus et de Nemo, défilant tour à tour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour sur la terre ferme, et pour les visiteurs le moment de s’initier aux produits de la mer, en réalisant un repas entièrement océanique, avec les ingrédients mis à leur disposition sur une table numérique (six personnes à la fois). Avant de tester leur odorat par la présence de cinq diffuseurs marins, aux senteurs et arômes de Normandie.

 

Puis, passé l’espace sur les cinq grandes menaces qui pèsent sur l’océan, à l’aide d’images et de textes, suivent les « promesses de l’océan ». Ici, petits aquariums et bassin tactile de requins émissol et lémules (dont la morphologie au cours des 150 derniers millions d’années a conduit à leur réputation de « fossiles vivants ») se côtoient. Une grande fresque murale et interactive permet, par ailleurs, de sélectionner les espèces en mouvement et de découvrir par le jeu d’arborescences toutes les solutions apportées aujourd’hui par l’océan aux hommes. Et de s’interroger sur « quel océan voulez-vous demain ? ».

 

 

« On a fait un projet pour dix ans! », conclut Bernard Cauvin, qui table sur 260 000 visiteurs à fin 2019, avec l’idée « de devenir un centre européen d’éducation à la mer ». Un chiffre « ambitieux », reconnaît-il, d’autant que le nouvel espace, l’Océan du Futur, a ouvert avec un mois de retard, avril au lieu de mars…

 

En 2017, La Cité de la Mer avait accueilli 220 755 visiteurs, 202 841 l’an passé (sachant que l’ex-pôle océan était inaccessible d’octobre 2017 à mars 2018 en raison des travaux. De plus, le site normand a fermé ses portes du 7 janvier au 8 février 2018). Depuis l’ouverture de La Cité de la Mer, ils ont été plus de 3,8 millions de visiteurs.

 

 

Cherbourg 1944… et la liberté vint de la mer

 

Parallèlement à l’ouverture du nouveau parcours permanent, l’Océan du Futur, et en raison de la célébration cette année du 75e anniversaire du D-Day, La Cité de la Mer présente une nouvelle exposition : « Cherbourg 1944… et la liberté vint de la mer », installée dans la Grande Halle.

Elle retrace, photos, films d’archives et panneaux didactiques à l’appui, les 20 journées qui ont séparé le débarquement du 6 juin 1944 sur la plage d’Utah Beach jusqu’à la libération du port de Cherbourg, le 26 juin.

 

 

Marion François, responsable marketing à La Cité de la Mer.
Les « nouvelles » conditions d’accueil des groupes

 

« Depuis 2008, nous n’avions pas augmenté nos prix groupes, souligne d’emblée Marion François, responsable marketing à La Cité de la Mer. Avec la mise en place du nouveau parcours, nous appliquons une hausse d’un euro, passant ainsi le tarif, appliqué sur la base de 20 pax, à 16 euros par personne ». Un tarif qui englobe toutes les « attractions » du site normand, à découvrir librement. Le conducteur de l’autocar bénéficie, toujours, de la gratuité de la visite, tandis qu’un parking autocar (gratuit et situé face à La Cité de la Mer) d’une douzaine de places est à disposition. Pour les groupes scolaires (moins de 18 ans), le prix passe à 11 euros/jeune (des visites guidées leur sont aussi proposées), et pour les groupes enfants (moins de 5 ans) à 6,50 euros/enfant. « Nous commissions les professionnels du tourisme en fonction du volume annuel réalisé », ajoute Marion François.

Côté restauration, pas de changement, sinon que la formule « offre journée » comprenant la visite de La Cité de la Mer et le repas au restaurant Le Quai des Mers (170 couverts), prend en compte l’augmentation du prix de la visite (soit désormais 36,80 euros/pers. boissons incluses).  « Pour l’accueil des groupes le midi, deux services sont proposés : un à 11h45, l’autre à 13h30 », précise Marion François. Trois choix de menus sont suggérés (entrée+plat+fromage+dessert), incluant les boissons (kir, une bouteille de vin pour trois et café). Une gratuité pour 20 payants est appliquée sur les menus groupes.

L’an passé, sur les 202 841 visiteurs accueillis, « 25 845 sont venus en groupe, soit près de 13%, indique Marion François. Ces chiffres se maintiennent d’une année sur l’autre ». La majorité de ces groupes viennent de Normandie, d’autres du Grand Ouest, de l’Alsace, de la région parisienne… « c’est très disparate ! », poursuit-elle, avant d’ajouter qu’en 2018, « ce sont les professionnels du tourisme qui nous amenés le plus de groupes ». Enfin, La Cité de la Mer qui propose également une offre sur le segment affaires, accueille chaque année de 1000 à 1500 groupes. « Notre objectif groupes pour cette année 2019 est de réaliser 18 000 pax adultes, et 16 000 pax scolaires », conclut Marion François.

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