Bénédicte Breuls,
directrice de l’Office de Tourisme de Brides-les-Bains

    La réouverture des thermes
    est pour demain ! 

Propos recueillis par Jean-François Bélanger

19/03/2020

La station thermale savoyarde de Brides-les-Bains attendait pour la fin du mois de mars le feu vert de l’Autorité régionale de la santé pour redémarrer une activité thermale interrompue depuis l’année dernière pour raison de crise sanitaire. La mise en place des mesures de confinement sur l’ensemble du territoire le 17 mars 2020 pour faire face à la crise sanitaire du Covid-19 reculera bien entendu ce renouveau. Un contretemps malvenu, car c’est l’une des rares stations de montagne à développer une activité touristique étalée quasiment tout au long de l’année.

Voyages & Groupe : Quelle est l’histoire du tourisme à Brides-les-Bains ?

Bénédicte Breuls : Le thermalisme remonte à l’époque romaine puisque, déjà, ses eaux étaient reconnues pour leurs qualités. Puis, à partir de la fin du XVIIIe siècle, le thermalisme contemporain s’en est accaparé. Il en reste encore quelques vestiges, comme le Grand Hôtel des Thermes, aujourd’hui opéré par Mercure. Ses eaux soufrées sont appréciées pour leurs vertus détoxifiantes et leur rôle bienfaisant sur l’appareil digestif. Au-delà du thermalisme, Brides-les-Bains s’est ensuite lancé dans les sports d’hiver, surtout à partir des JO d’Albertville, en 1992.

 

VG : Pourquoi choisir de Brides-les Bains en hiver ?

BB : Depuis 1992, nous bénéficions de la connexion par télécabine à Méribel et au domaine des Trois Vallées, le premier domaine skiable au monde, dont nous sommes l’une des sept communes adhérentes. Nous avons aussi profité de l’accès TGV depuis la gare de Moutiers-Bride-les Bains. Nous représentons une alternative « low-cost » aux stations de plus haute altitude, c’est-à-dire un même domaine skiable, mais avec des tarifs souvent inférieurs de moitié, selon les périodes, pour ce qui est de l’hébergement ou de la restauration. Ce qui fait que nous avons une activité qui s’étale pratiquement sur l’ensemble de l’année.

 

VG : Quelle est votre capacité d’hébergement et comment s’effectue la commercialisation des séjours touristiques ?

BB : Nous disposons de 14 hôtels, soit 1 152 chambres. Ils représentent environ 50% de notre capacité totale d’hébergement. Et, pour le secteur locatif, nous avons initié une procédure de classification des meublés. Pour des raisons de coût, nous n’avons pas opté pour une centrale de réservation. Concernant le marché intérieur, la clientèle vient par ses propres moyens et il faut reconnaître que depuis quelque temps, Airb’nb fonctionne bien.

 

VG : Quel est le niveau de votre trafic ?

BB : Sur la saison hivernale 2018/2019, nous avons enregistré 200 000 nuitées, avec un nombre de journées skieurs en progression de 9% et un chiffre d’affaires de Méribel Alpina, filiale de la Compagnie des Alpes, de 14%. Le trafic s’échelonne de 5 000 skieurs par semaine, en période creuse, pour monter jusqu’à 11 600 skieurs en période de pointe.

 

VG : D’où viennent vos clients ?

BB : Environ la moitié est d’origine française et l’autre d’origine étrangère. Depuis la France, c’est la région parisienne qui est en tête devant la clientèle régionale. Depuis l’international, ce sont le Royaume-Uni, la Russie, la Belgique, les États-Unis qui arrivent en tête.

 

VG : Quel est leur profil et combien de jours restent-ils ?

BB : Les gens qui viennent ici sont des visiteurs malins qui souhaitent profiter d’un très bon rapport qualité/prix. Ils sont d’une catégorie CSP + et d’une tranche d’âge moyen, même si la clientèle jeune préfère Val Thorens, Val d’Isère ou Tignes qui sont des stations plus fun. C’est la traditionnelle semaine qui reste la plus demandée, mais nous assistons depuis quelque temps à des durées de séjour plus courtes.

 

VG : Les groupes représentent-ils un segment important de l’activité ?

BB : L’hôtel Mercure dispose d’un équipement qui lui permet d’avoir une large partie de son activité sur cette clientèle. Pour notre part, nous n’avons pas non plus opté pour un service « groupes » pour des raisons de budget. Les marchés étrangers sont très organisés et nous nous appuyons sur les TO pour qui les groupes sont essentiels.

 

VG : Que représente le thermalisme ?

BB : En 2016, il a profité des nombreux aménagements, grâce à la Compagnie Lebon, société majoritaire de la Société d’Exploitation des Thermes de Brides-les-Bains. 14 M€ ont été investis pour un doublement de la surface du centre nutritionnel, un nouvel espace aqualudique, la création de deux piscines, de 38 cabines de soins... En 2018, nous avons accueilli 17 000 curistes pour 218 000 nuitées. La clientèle spa, pour sa part, a représenté 16 000 nuitées. Ceci jusqu’à ce qu’en avril dernier nous ayons du faire face à une infection bactérienne qui a conduit à la fermeture des installations. Aujourd’hui, les analyses en cours nous permettent de préparer leurs réouvertures pour le 30 mars. Nous sommes aujourd’hui en l’attente imminente de l’Autorité régionale de santé.

 

VG : Quelle est aujourd’hui la situation du thermalisme, à Brides-Les Bains ?

BB : Dans le cadre du Plan Thermal, nous avons été retenus par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme. Pour sa première tranche, nous avons reçu une dotation de 1,889 M€. La deuxième tranche, dont nous n’avons pas encore le montant, sera consacrée à l’amélioration de la ressource en eaux thermales, compte tenu de la crise sanitaire de l’année dernière. Elle a causé une baisse de la fréquentation de 60%. C’est une activité stratégique, car la saison d’été représente 68% des revenus touristiques de Brides-les-Bains contre 32% en hiver.

 

VG : Comment fonctionne l’Office du Tourisme de Brides-les Bains ?

BB : Il s’agit d’un Épic qui emploie douze salariés, plus quatre saisonniers en été et deux en hiver. Nous disposons d’un budget annuel de 1,6 M€ qui nous permet d’assurer la promotion avec certaines animations, comme les festivals, l’édition de brochure…

 

VG : Y a-t-il des projets de nouveaux équipements ?

BB : La commune s’est surtout engagée dans des programmes dé rénovation et de mises aux nouvelles normes. Sur l’emplacement de l’hôtel Le Berlire, il est question d’installer un hôtel-auberge d’un modèle choisi parmi ceux qui correspondent aux attentes des nouvelles clientèles. Et nous nous préparons pour l’accueil de la 47e édition des championnats du monde de ski alpin dont les épreuves se dérouleront, en 2023, à Courchevel-Méribel.

https://www.brides-les-bains.com/office-de-tourisme/

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