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ATELIER DES LUMIERES

Van Gogh en immersion

Texte et photos : Catherine Mautalent1 - 25/02/2019

Depuis le 22 février, l’Atelier des Lumières à Paris propose une nouvelle exposition immersive consacrée à Vincent Van Gogh. Une seconde création visuelle
et sonore produite par Culturespaces, après celle dédiée à Klimt. Voyages & groupe est allé la découvrir.

Le 13 avril 2018, l’Atelier des Lumières, premier centre d’art numérique à Paris créé par Culturespaces, ouvrait ses portes dans une ancienne fonderie de fer (rue Saint-Maur dans le XIe arrondissement), un vaste espace réaménagé qui atteint dix mètres de haut et offrant pas moins de 3300 m2 de projection. Gustav Klimt était alors à l’honneur à travers une exposition immersive qui a séduit, jusqu’au 6 janvier dernier, 1,204 million de visiteurs (dont 22% d’étrangers).

 

Le 22 février (et jusqu’au 31 décembre), une nouvelle exposition numérique est proposée : « Van Gogh, la nuit étoilée », et invite à s’immerger, cette fois, au cœur des œuvres de l’artiste néerlandais, de ses débuts et de sa maturité, de ses paysages ensoleillés et de ses nocturnes, à ses portraits et natures mortes.

 

 

Une déambulation visuelle en format XXL au rythme d’un voyage musical éclectique mêlant des partitions classiques et contemporaines, du jazz et de la musique pop (de Lully à Nina Simone, en passant par Puccini et Miles Davis) venant ainsi faire écho aux différentes périodes créatrices de Van Gogh.

 

Un nirvana de couleurs

 

Sur le même concept que lors de la programmation Klimt, le public est au cœur de nombres d’images des tableaux de l’artiste, grossis, mis en mouvement, joués en symphonie, habillant les murs comme le plafond et le sol de la grande halle, à l’aide de 140 projecteurs. Tout commence par la palette du peintre, avant de suivre Le semeur… Le soleil provençal envahit alors les œuvres pour un voyage au cœur de la Provence, des Alpilles à Saint-Rémy. La lumière aveuglante du Sud s’oppose à celle, sombre des Pays-Bas, terre natale de Van Gogh.

 

S’enchaînent alors des toiles moins connues venant contraster avec l’explosion des couleurs. Des portraits de pécheurs et de paysans évoquent la dureté de leur vie quotidienne, avant qu’apparaissent leurs villages et maisons à la tombée de la nuit. Puis, poussant leurs portes, les visages grossiers et les mains osseuses apparaissent éclairés à la lampe à huile. 

 

Retour à la lumière, à l’ambiance provençale à travers une explosion de bouquets et de pétales de tournesols, avant que les iris d’un bleu-violet intense n’envahissent l’espace, et d’enchaîner ensuite par une envolée de pétales blancs se détachant des Amandiers en fleurs.

 

 

Puis, les spectateurs vont suivre Van Gogh à Paris, s’arrêtant au « Moulin de la Galette », l’un des sujets de prédilection de l’artiste, avant de filer à Arles qui marqua l’ensemble de son œuvre. Avec ses terrasses de cafés, la place du forum, les cafés la nuit et ses personnages mystérieux buvant de l’absinthe. Sans oublier sa « maison jaune » et sa chambre bleue mythique, aménagée d’un lit en bois, d’une table et de deux chaises.

 

Les projections font ensuite place à des portraits, des modèles rencontrés par Van Gogh tout au long de sa vie. Les murs s’assombrissent, laissant l’écriture prendre le pas sur les toiles à travers la correspondance qu’il a entretenu avec son frère Théo, illustrée par ses croquis.

 

Le voyage immersif se termine par les paysages, et notamment les oliviers et cyprès qui constituaient des motifs récurrents dans l’œuvre du peintre. Paysages où les blés ondulent, où la lumière des étoiles se reflète dans l’eau… jusqu’à l’apparition d’un ciel orageux et de la pluie qui tombe, de plus en plus violente. Un ciel menaçant contrastant avec un champ de blé aux nuances dorées, comme l’huile sur toile Champ de blés aux corbeaux

 

Dernière séquence à travers la projection d’autoportraits, cette fois dans un ciel dégagé au milieu d’une floraison d’amandiers rayonnants. A noter, et c’est nouveau, qu’au centre de la grande halle trône une citerne à l’intérieur de laquelle sont projetées, commentées et géolocalisées 50 oeuvres phares de Van Gogh à travers le monde.

 

 

Près de 500 œuvres de Van Gogh sublimées par le numérique, où chaque détail devient visible. Et c’est beau ! La nouvelle production de Culturespaces donne l’occasion de déambuler dans le monde intérieur à la fois démesuré, chaotique et poétique de l’artiste. Cette exposition immersive, d’une trentaine de minutes, devrait connaître le même succès que Klimt, sinon plus.

 

Du Japon aux étoiles

 

Deux programmes courts complètent l’exposition Van Gogh. Le premier, « Japon rêvé, image du monde flottant », d’une quinzaine de minutes, n’a pas été choisi au hasard. « Van Gogh a été influencé par l’art japonais », souligne Bruno Monnier, président de Culturespaces.

 

Un autre voyage dans le Japon de l’imaginaire commun, qui commence par une mise en beauté des cerisiers en fleurs. Avant de s’estomper pour laisser place à une forêt magique et mystérieuse, habitée par les « yokai », les esprits du folklore japonais, apparaissant et disparaissant aussitôt, tels des fantômes. Changement de décor avec la grande vague iconique d’Hokusai submergeant alors l’espace sur des notes de Debussy.

 

Vient ensuite le temps des geishas, vêtues de leur kimono aux motifs élégants et colorés, se dévoilant derrière des paravents en papier de riz, avant de s’éclipser pour donner libre cours à un ballet d’éventails. Interrompu par la danse guerrière des samouraïs dans un combat imaginaire, qui prend fin par un autre ballet, celui des lanternes portées par le vent.

 

 

Enfin, le second programme, « Verse », également de quinze minutes, est une création numérique invitant à plonger au cœur d’un cosmos factice à travers un regard artistique, et très contemporain…

 

 

Un accueil groupes repensé

Avec la nouvelle programmation dédiée à Van Gogh, Culturespaces a revu les conditions d’accueil des groupes. Si les tarifs restent les mêmes que lors de l’exposition Klimt (11,50 euros/adulte et 7 euros/jeunes de 5 à 25 ans), sont mis en place trois créneaux horaires : 11h, 12h30 et 14h30, et ce uniquement du lundi au vendredi. « Si un groupe souhaite venir le week-end, il faut nous en faire la demande », glisse Caroline Brun, responsable commerciale contactée par Voyages & groupe. Autre nouveauté : la présence d’un médiateur pour le groupe (sans supplément), qui pendant une dizaine de minutes (ou plus si les questions sont nombreuses !) évoque le lieu et le concept de l’exposition. Quant au stationnement de l’autocar, pas de changement : il doit aller se garer le long du cimetière du Père Lachaise, le groupe se rendant à pied jusqu’à l’Atelier des Lumières, situé non loin. Aucune dépose n’est possible devant l’entrée.